La révolution est proche. Revenez en 1789 et réécrivez l'Histoire.
 

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 Correspondance

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MessageSujet: Correspondance   Mer 21 Mai - 7:47

On m'a jetée à la rue, comme une malpropre. Encore. La troisième fois sur la journée que l'on me dit "On ne veut pas de toi ici !". Pourtant, qu'avais-je fait de mal ? Je n'ai fait qu'exiger des actes en parallèles à de belles paroles, mais personne dans cette maudite ville ne semblait vouloir bouger. J'ai longtemps essayé de persuader ces orateurs que je croyais patriotes, défenseurs des droits du bas peuple, à passer à l'action. Trop de belles paroles, pas assez de réaction. Je n'avais pas quitté l'Italie pour la beauté de la capitale française, mais bien pour agir, me battre pour une cause. Et ces Français, que je croyais prêts à se battre pour les idéaux des Lumières. Je m'étais visiblement trompée. J'acceptais de participer à cette vague de révolte qui parcourait le pays, mais il me fallait de l'aide. Comment organiser une révolution seule ? Et pas question que je me fasse épaulée par ces illettrés qui constituent le bas peuple. Non, il me fallait quelqu'un d'influent, qui pouvaient faire changer les choses "d'en haut". Je rentrai chez moi, dépitée et pourtant déterminée à trouver la personne qu'il me fallait. Ecrire au roi ou à Necker ne m'avancerait à rien, les cahiers de doléance étaient là pour ça après tout. Mais qui alors ?

Et en voulant ouvrir la porte de ma demeure, alors que la clé coulissait dans la serrure, je surpris une conversations entre deux valets qui passaient devant le perron. J'aurais pu rentrer chez moi, mais je restai immobile quelques instants, et tendis l'oreille.

"La marquis de La Fayette serait de retour à Paris" disait l'un.

L'autre répliqua
"Et comment ! Toute la noblesse essaie de l'attirer dans les salons. A Versailles, personne ne se lasse de ses récits. L'indépendance américaine fascine toujours autant. D'ailleurs, il semblerait ..."


Je n'eus pas l'occasion d'entendre la suite de la conversation alors que les valets s'éloignaient à grands pas. Un large sourire se dessina sur mon visage et je rentrai sans plus attendre à l'intérieur. Je rassemblai rapidement une plume, un encrier et quelques feuilles de papier. Je réfléchis longuement chaque mot, prenant soin d'écrire des phrases convenables, expliquant mon point de vue sans pour autant m'emporter. J'essayais de faire preuve du plus de tact dont j'étais capable. Et au bout de plusieurs heures et après des dizaines d'essaies, je parvins enfin à un résultat convenable.

Monsieur le marquis de La Fayette

Pardonnez-moi de vous incommoder de la sorte, mais je ne puis me taire plus longtemps. On me surnomme Théroigne de Méricourt, depuis peu à Paris. J'ai quitté l'Italie que j'affectionnais tant pour prendre part au courant de révoltes qui secouent la France. Hélas, peu de Parisien écoutent une jeune étrangère en ces lieux que je croyais d'avantage emplis des idées des Lumières. C'est donc pour faire entendre ma voix que je vous écris cette missive, en espérant que le héro de la guerre d'indépendance américaine saura entendre ma requête. Je suis prête à vous offrir mes services dans la lutte pour l'Egalité et la Liberté, si vous daignez me laisser vous servir, de quelque manière que ce soit. Je souhaiterait me rendre utile, jouer un rôle en ces instants fatidiques, qui resteront je l'espère à jamais gravés dans les mémoires.
Si vous le souhaitez, et si votre rôle politique ne vous en empêche, pourrions nous organiser une entre-vue, dans le lieu et à la date de votre choix. Je serai patiente quant à votre réponse, que j'espère rapide.

Mes plus sincères respects

Théroigne de Méricourt


Le relus ces quelques lignes, encore et encore, jusqu'à être persuadée qu'il ne pouvait plus s'opérer aucun changement. Je n'attendais aucune réponse. Mais malgré mon désespoir, j'envoyai la missive au héro des deux mondes, au Marquis de la Fayette.
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MessageSujet: Re: Correspondance   Mer 21 Mai - 8:37

Depuis mon retour de Yorktown, je suis l'objet de toutes les curiosités, quelles soient issus de l'aristocratie ou du peuple je m'affairais à répondre à toutes les demandes de rencontres dont je faisais l'objet. Après tout, cette popularité dont je jouissais désormais me permettais de propager des idées réformatrices américaines, car en côtoyant des hommes comme Jefferson, Franklin ou Washington, l'on apprend tant de choses si précieuses pour la liberté. J'étais devenu général et pouvais enfin m'exprimer...

Après chaque visites chez des hôtes, je me retirais dans mes bureaux à Paris où sur le chemin, je voyais les difficultés de nombre de personnes... 
Comment faire pour améliorer le quotidien ? Organiser au mieux les distributions de pain ? Peut-on réellement ouvrir les greniers à bleds ? Est-ce possible ? Nombre de questions à traiter, sans priorités. Toutes sont importantes. Les Etats-Généraux que j'ai voulu convoquer il y à déjà deux ans vont enfin avoir lieu... Une chance à saisir. Une de plus.

Sur mon bureau, un amoncellement de lettres à lire. Etrangement c'est peut-être le meilleur moment de ma journée car dans tout ce fouillis, se trouve peut-être une lettre de mon père spirituel, Washington. Aujourd'hui malheureusement, il n'y a rien. Mais il y en a une autre, d'une adresse inconnue... je l'ouvris rapidement. Théroigne de Méricourt... Un nom qui m'est inconnu mais quelque chose d'intéressant. Une femme souhaitant avoir un rôle dans mes projets.

Elle semble déterminée, tout comme moi à 19 ans devant le congrès américain... Pourquoi ne pas lui laisser sa chance ? Après tout, j'ai eu la mienne.

Me saisissant de ma plume, je répondis à cette jeune femme.

Madame Théroigne de Méricourt

Suite à la réception de votre lettre, je prend la plume pour répondre à votre demande. Vous avez fait cette démarche par votre chef et je vous en remercie.

Votre détermination portant avec elle la liberté et l'égalité est honorable. Je comprends votre difficulté à vous en faire entendre dans ce monde en effervescence. J'ai moi même rencontré des difficultés dans ma jeunesse à me faire entendre aux Amériques.
Dans quelques mois, le destin de la France peut basculer d'un coté ou de l'autre. Et c'est à nous de guider le peuple vers des idées, non pas extrémistes, mais bien réformatrices, libérales. Tout n'est pas à supprimer, si nous écoutions toutes les idées des rues parisiennes, ce pays sombrerait dans le chaos. J'ai appris en Amérique à comprendre les diverses options politiques et depuis deux ans déjà, je m'affaire à donner à la France un nouveau souffle basé sur une Assemblée Nationale, comme je l'ai présenté à l'assemblée des notables.

Cela étant désormais considéré, je suis prêt à vous rencontrer, vous donner une chance, tout comme je l'ai moi même eu. possédant votre adresse, je me rendrais chez vous, demain dans la journée, après avoir étudié l'un de mes cahier de Doléances.

Je vous adresse madame, l'expression de mon complet dévouement.

Général La Fayette



Je pris soin à celer la lettre et la confia à un officier d'ordonnance qui fût chargé dans l'immédiat de la transmettre à la jeune femme.
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MessageSujet: Re: Correspondance   Jeu 22 Mai - 7:50

Quelques jours passèrent avant de recevoir une réponse, aussi inattendue que réjouissante. Je reçus la fameuse lettre cachetée un beau matin, alors que je m'apprêtais à quitter mon domicile lorsqu'un homme, qui trouvait sur le perron, me salua et me tendit la lettre en question. D'abord étonnée, je la saisis sans oublier de remercier de le jeune homme, puis revins à l'intérieur. Je m'assis à mon bureau et contemplai quelques instants le bout de papier, n'osant même pas imaginer que ce puisse être la réponse que j'attendais. Je l'ouvris soigneusement et lus plusieurs fois la missive avant de réagir. Je sautai de joie, trop heureuse que l'on me prenne au sérieux. Qui plus est, ce n'était pas n'importe qui qui avait entendu mon appel, mais bien un des plus fervent défenseur de la Liberté, le héros de la guerre d'indépendance Américaine, l'homme auquel tout bon patriote souhaiterait ressembler : le marquis de la Fayette. Après plusieurs minutes d'exaltation, je redescendis violemment sur Terre. Une légende vivante allait venir chez moi, me voir, me parler. La panique me submergea et maintes questions me vinrent à l'esprit : Que vais-je lui dire ? Et si je lui faisais perdre son temps ? Ou si tout cela n'était qu'une vulgaire farce de mauvais gout ? Je faisais les cent pas dans la pièce, retournant la situation dans tous les sens, pour trouver des solutions. Je m'assis au bureau, pris une nouvelle feuille et sortis ma plume. Mais pour écrire quoi ? Je n'aurais qu'à le remercier demain. Une nouvelle vague d'angoisse m'envahit. Je montai à l'étage et ouvris ma garde robe. Heureusement que j'avais emporté quelques robes avec moi en quittant l'Italie ! La question de la tenue étant réglée, je sortis avec quelques pièces pour acheter tout ce dont j'avais besoin. Je me renseignai sur mon invité du lendemain au passage, interpellant marchands et connaissances pour en connaître d'avantage sur le personnage. Je n'eus aucun mal à recueillir divers légendes l'entourant, rumeurs et autres anecdotes quant à ses exploits en Amérique, quelques années auparavant. Et quand je rentrai chez moi, je préparai quelques gourmandises pour le lendemain. Puis, quand l'heure fut venue, je montai dans ma chambre et tentai de dormir, en vain.

Je lendemain matin, je me levai de bonne heure, trop excitée pour rester oisive. Le marquis n'avait pas précisé l'heure de son passage. Aussi, je me préparai dès l'aube. J'avais opté pour une robe de soie rouge, robe que j'affectionnais tout particulièrement. Mais aux alentours de midi, je ne pus la garder plus longtemps sur le dos. Et dans un élan d'anticonformisme, j'optai pour mon amazone quotidienne et nouai un ruban vert dans mes cheveux. Voilà qui était mieux, me dis-je en me contemplant dans le miroir. Je tuai le temps en écrivant quelques heures, parcourant les différents pamphlets acquis le matin-même et en mettant mes idées en place par écrit. Puis, l'on toqua à la porte. Je me retournai vivement et un sourire en coin se dessina inconsciemment sur mon visage. J'allai ouvrir, bien évidemment, et accueillis mon hôte comme il se devait.

"Bien le bonjour monsieur de la Fayette. Entrez, je vous en prie" dis-je humblement en m'écartant de l'embrasure de la porte pour le laisser entrer.
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MessageSujet: Re: Correspondance   Jeu 22 Mai - 9:05

Ainsi donc, quelques jours après l'envoi de la lettre, mon ordonnance revint me voir dans mon bureau. Bien évidemment, je voulais savoir quelles avaient étés les impressions de mon jeune officier. Je ne tenais pas à être attaqué ou confronté à une situation imprévue. J'étais méfiant... C'était naturel. L'on ne sait jamais réellement à qui nous avons à faire et ce n'est certainement pas quelques mots sur une feuille qui permettait de savoir qui était cette jeune femme. 
Les réponses de mon soldat ne furent pas contraignantes ce qui m'encouragea à la rencontrer encore un peu plus. 


En attendant, il fallait que je réfléchisse à ce que je considérais comme un problème majeur : Les Etats-Généraux. En effet toutes décisions qui y seront prises seront injustes pour le Tiers-Etat. Le système de cette réunion est basé sur le vote par ordre. Pour une décision, un vote à la majorité : une voie pour le Clergé, une voie pour la Noblesse et une voie pour le Tiers-Etat. Autant dire deux face à une seule... Il faut mettre en place le vote par tête. Mais comment le faire accepter au clergé et à la noblesse ? La situation est pour le moins compliquée. Je fis venir quelques délégués des trois ordres convoqué pour en discuter. Bien évidement je n'eus aucun résultats concret, je n'irais pas jusqu'à affirmer avoir perdu une journée mais il était vrai que je n'avais guère avancé sur ce plan mais les conversations permettaient de mieux se rendre compte de la situation actuelle pour ce qui est de tout ordre.


Après une nuit de sommeil, j'avais retrouvé toute la lucidité que des heures de discussions m'avaient fait perdre... J'étais un homme de terrain, pas un grand orateur, encore une chose à apprendre rapidement. Mais ce n'étais pas le sujet de la journée. je devais rencontrer la femme qui m'avait écrit. Après m'être vêtu de mes habits militaires, je pris la route, à cheval vers la demeure de cette personne. Sur le chemin, les mêmes scènes de détresse de la population. Il fallait absolument que je trouve un moyen d'arrêter cet engrenage vers l'embrasement. Il était temps pour moi d'avoir un réseau de personnes prêtes à m'aider dans mes projets, des personnes aux idées réformatrices et libérales. Cette jeune femme était peut être la bonne personne... Il fallait que je m'en assure. Après quelques heures de route, j'étais enfin arrivé à destination. La rue semblait calme, mais ici à Paris, le calme n'est qu'une simple apparence. 
Je fis alors face à la porte de la maison dont j'avais l'adresse. J'ôtais mon chapeau et frappa à la porte de cette demeure. Très vite, la jeune femme vint m'ouvrir, j'étais apparemment plus qu'attendu. 
Agréable surprise. Une jolie jeune femme se tenait là devant moi, et me fît baisser la tête. Elle me salua humblement et me laissa entrer. Bien entendu, je remercia Théroigne et entra. Sa tenue était elle aussi relativement simple, néanmoins elle avait fait un effort sur sa coiffure. Je voyais ce genre de détail très rapidement.

Une fois entré je m'inclina et pris la parole pour à mon tour, la saluer.
"Mes hommages madame. Je vous remercies pour votre accueil et de votre lettre. Je suis navré de vous avoir fait attendre, ce n'était nullement mon attention"
Après tout pourquoi cette idée ? Elle sera peut être l'une de mes collaboratrices.

En regardant l'intérieur, l'on se rendait compte de la condition de la Théroigne. Elle semblait aisé car l'on retrouvait beaucoup plus d'objets qu'il n'en faut pour subsister. Néanmoins selon la lettre, elle côtoyait presque tout les milieux de la capitale, une bonne chose pour moi, vraiment.

Je n'étais pas habitué à tourner autour du pot très longtemps, il me fallait du concret.
"J'ai pris beaucoup d'intérêt à lire votre missive. J'espère donc pouvoir y répondre aujourd'hui convenablement"
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MessageSujet: Re: Correspondance   Mar 27 Mai - 6:02

Le général était exactement comme je l'imaginais ainsi vêtu de ses habits militaires. L'homme semblait à la hauteur de mes espérances, et j'espérais l'être à mon tour. Je le saluai et il fit de même, comme n'importe qui ayant reçu une bonne éducation. Je lui proposai un siège cependant que je restais debout. Je me sentais mal à l'aise face à ce grand homme. Je savais que c'était une chance unique de me rendre enfin utile, qui me permettrait de ne plus subir les refus répétitifs et un moyen d'agir. Je fus très surprise par la franchise du Marquis. C'est ce que l'on pouvait appeler un homme direct. Nous étions là pour parler affaires, il ne fallait pas perdre de temps et dévier sur d'autres sujets sans importances, ni commencer avec les interminables formules de politesse. Tant mieux, je ne supportais pas non plus qu'on me fasse perdre mon temps, et encore moins le faire subir aux autres. Aussi, j'entrepris d'engager la conversation. Je m'étais préalablement promis de dire clairement ce que je pensais, sans retenir ma langue pour des questions de bienséance ou de politesse. Je devais faire preuve de pure franchise, et je comptais bien me tenir à cette règle. Je regardai mon hôte dans les yeux et commençai mon discours auquel j'avais pensé une grande partie de la journée :

"Sachez que mes impressions se trouvaient dans cette lettre et je ne vois pas en quoi je pourrais d'avantage vous informer sur ma requête. Car je ne supporte plus d'être enfermée, retenue par ma féminité comme par des chaines. Personne ne veut prendre au sérieux une étrangère et chacune de mes tentatives quant à exprimer mes idées se solde par un cuisant échec. Aussi, j'aimerais vous proposer mes services puisque au fond, nous avons tous deux le même but : se battre pour la Liberté. Bien sûr, je n'ai pas combattu comme vous en Amérique mais ma volonté de soulager le peuple Français de ces fardeaux que sont les taxes n'en est pas moins fort. Si je l'avais pu, ç'aurait été sans aucun doute que je me serais présentée comme députée du Tiers pour les Etats généraux. Mais de nouveau, les femmes ne peuvent y prendre part. (J'esquissai un sourire) Cependant, je ne suis pas sûre que ces derniers changeront les choses. Le Tiers n'a aucune chance contre la Noblesse et le Clergé. Et même si la plupart des gens du peuple ne sont pas instruits, tout le monde sait que deux sera toujours plus grand que un. Ce qu'il faudrait, ce serait le vote par tête. Mais de nouveau, les deux autres ordres refuseront ... Pourtant, peu de Parisiens sont prêt à se rebeller, alors que la force semble le seul moyen d'obtenir des résultats."

Je m'interrompis quelques instants. Je n'apprenais certes rien de nouveau à mon interlocuteur, lui qui avait été comme député de la Noblesse. Cependant, parler de politique était assez rare pour moi car "les femmes sont faites pour le ménage et les hommes pour la politique" disaient la plupart. Je n'étais pas partisane des émeutes ni de la violence. Mais il y a des moments où il faut agir à contre cœur pour arriver à ses fins. Je jetai un coup d’œil au bureau sur lequel se trouvait encore tous les manuscrits écrits durant la journée. Avais-je écrit tant que ça ? Je les rassemblai quelques instants, en profitant pour mettre en place mes idées pour le reste de ma plaidoirie. Puis, je me retournai enfin vers le Marquis.

"Quoi qu'il en soit, je suis prête à tout pour me rendre utile, d'où votre présence ici. Je pensais que vous seriez apte à me trouver une fonction, même ridicule, du moment que je puisse servir à quelque chose. Je meurt d'envie d'entrer dans cette révolution qui se prépare (car je suis convaincue que ce moment que nous sommes en train de vivre restera graver dans l'Histoire) mais le destin semble résignée à ne point m'y laisser entrer. Aussi, je vous prie de me prendre sous vos ordres. Je suis fidèle, déterminée et ingénieuse. Je ne suis pas du genre à me laisser marcher sur les pieds et suis prête à me donner corps et âme à cette cause."

Devais-je ajouter que j'adorais manipuler les hommes ? Je n'en vis pas l'utilité et eus peur de perdre ma crédibilité. Je me calmai quelques peu car je me rendis compte que je m'étais peut-être emportée sans le vouloir. Mais je ne voulais laisser passer cette chance unique. Je regardai la Fayette avec des yeux suppliants, espérant qu'il accepte ma proposition. Aussi, j'attendis sa réponse après mon long discours, que j'espérais convainquant.
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MessageSujet: Re: Correspondance   Mar 27 Mai - 7:19

Assis à la place que l'on m'avait proposé, j'écoutais avec la plus grande attention les dires de Théroigne. Bien qu'arrivée en France il y a peu, elle avait déjà une parfaite conscience du système des Etats-Généraux et plus généralement, de l'ensemble des systèmes qui faisait plier le Tiers Etat. Elle était très intéressante à écouter, lorsque l'on lui accordait du temps, chose qui était difficile ici... La malheureuse était rejetée de toute part malgré ses remarques judicieuses. Elle parlait ouvertement de rébellion... Ce qui était dangereux... Qu'entendait-elle exactement par rébellion ? Tout n'était pas à faire disparaître. Néanmoins elle soulevait un point important : La population grogne mais peu sont prêt à jouer un rôle. Elle comptait beaucoup sur moi et était sure que je pourrais lui trouver un rôle à jouer en cette période de troubles. Après avoir écouté avec attention les arguments et les demandes de la jeune femme, je me leva et pris soin de répondre au mieux à mon interlocutrice. 

"Le fait est que la situation n'est pas en faveur du Tiers-Etat... Néanmoins il existe d'autres moyens de se faire entendre. Avec un peu de chance, une Assemblée Nationale pourrait être fondée... Elle rassemblerait les députés du Tiers-Etat et quelques membres du Clergé voire de la Noblesse. Grâce à elle, le rapport de force passerait en faveur de ce nouveau groupe. C'est le seul moyen d'instaurer une monarchie plus équitable dans notre royaume. Le peuple de Paris ne se soulèvera pas, ou tout du moins, pas tant que 50000 soldats étrangers cantonneront autour de la capitale. Ce serait un désastre. Il y a fort à faire pour améliorer le quotidien de la population."

Je fis quelques pas dans la salle en réfléchissant à la suite de mes mots. Théroigne semblait directe, autant l'être aussi... Je fis face à la jeune femme, la regardant droit dans les yeux et continua à parler, avec une légère gestuelle.

"Paris a plus peur des soldats qu'elle n'est en colère... La situation ne s'enflammera pas tant que cette situation perdurera. Il faut des chefs aux mouvements réformateurs. Il faut les encadrer, les rassembler et les guider vers le chemin de la liberté. Ce sera le rôle de certaines personnes précises... (je laissai paraître un sourire) Pourquoi pas vous ? Certes vous n'êtes pas écoutée pour le moment mais serai-ce encore le cas avec un pli et ma signature ?"


Je savais qu'une telle proposition ne la laisserais pas indifférente. J'avais besoin d'aide pour conduire le peuple du royaume de France à la bonne décision. Mon choix était fait. Je venais de rencontrer la première personne qui pouvait réellement m'aider dans cette tâche et j'espérais vraiment que qu'elle me serait d'une grande utilité. J'avais encore besoin de la voir faire ses preuves mais cela allait sans doute déjà la réjouir bien assez pour qu'elle les fasses sans trop de difficultés.
Je repris la parole

"Lorsque les Etats-Généraux s'ouvriront, la situation sera plus que houleuse et pourquoi pas quasi incontrôlable, si nous n'agissons pas dès maintenant. Il faut rassembler les meneurs, les organiser, faire partir les troupes qui encerclent Paris, Faire entendre raison au roi... Il y a beaucoup de choses à traiter. je ne peux tout faire seul malgré le prestige et le grade. J'ai besoin de vous et de tout ceux prêt à aider la future Assemblée Nationale dont je me ferais joie de faire partie."


Je me dirigeai vers une table sur laquelle était posée des feuilles et une plume. Je me saisis d'elles et, alors que je m'apprêtai à écrire, je regarda Théroigne


"Qu'en dites vous ? Etes vous avec moi et l'Assemblée ?"
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MessageSujet: Re: Correspondance   Mer 28 Mai - 7:50

J'écoutai avec attention le discours de la Fayette dont chacun de ses mots renforçait mon admiration pour lui. Certes, l'idée de former une Assemblée nationale était très intéressante et était une option à laquelle je n'aurais pas pensée. J'aurais plutôt été attirée par le système anglais avec son Parlement pour la simple et bonne raison que j'y avais vécu durant quelques années. Mais au final, l'Assemblée nationale revenait presque au même. Evidemment, en constituer une serait loin d'être simple et la décision reviendrai à nouveau aux deux autres ordres. Mais ça pourrait fonctionner. Et quant à la rébellion que je proposais, il était certains que les troupes étrangères n'arrangeraient pas les choses. Et à vrai dire, je me demandais pourquoi le Marquis ne les faisait pas "disparaître" en un claquement de doigts. Après tout, n'était-il pas général ? Et proche du roi qui plus est ? Enfin, je ne m'y connaissais pas vraiment en ce qui concernait les affaires militaires. Une chose était sûre, il n'était pas question que je me dresse, seule ou non, contre des centaines de milliers de soldats armés. Il faudra s'en occuper en temps voulu ...

Puis, quand le Marquis fit référence à des personnes capable de diriger les Parisiens "les encadrer, les rassembler et les guider vers le chemin de la liberté", je ne pus réprimer un sourire. Mes yeux pétillaient comme ceux d'un enfant à qui l'on aurait offert un jouet en bois. J'avais réussi à le convaincre, à atteindre mon but. Je jubilais intérieurement, essayant de rester tout de même le plus calme possible en apparence. Je parvins difficilement à maîtriser mon excitation et à me concentrer sur les faits et gestes de l'homme. Il avait entamé un nouveau discours expliquant que les choses qu'il restait à faire étaient nombreuses. A vrai dire, tout restait à faire, à commencer par les Etats Généraux qui s'annonçaient encore lointains. Quoi qu'il en soit, je hochais la tête souvent alors que le général parlait, marquant mon approbation. Puis, lorsque celui-ci s'avança vers le bureau, je croisai les doigts pour qu'il ne lise pas les quelques pages que j'avais remplies de discours et d'idées réformatrices, toutes aussi mauvaises les unes que les autres, témoins d'un travail bâclé. Heureusement, l'homme n'en fit rien. Il saisit simplement une page vierge ainsi que ma plume et s'apprêtait à écrire. Mais il s'arrêta dans son élan et se tourna vers moi, qui m'étais rapprochée pour lire plus facilement ce qu'il comptais noter.

"Qu'en dites vous ? Etes vous avec moi et l'Assemblée ?"

La réponse semblait évidente et je ne pus masquer mon excitation plus longtemps. J'avais enfin trouvé une personne prête à me faire confiance, et je me devais de la remercier comme il se le devait.

"Bien sur ! Vous pourrez toujours compter sur moi, tant que nos actes serviront les intérêts et la grandeur de la France. Je vous en fait le serment (je posai une main sur mon cœur pour souligner la solennité de mes paroles). Aussi, je me ferais une joie de vous aider dans cette tâche difficile qui consiste à réformer le pays. Quant à l'Assemblée, je ferai de mon mieux pour la servir également"

J'espérais être à la hauteur. Mais pour être honnête, j'étais persuadée que je le serais ! Et grâce à l'aide de la Fayette, j'étais sûre que désormais, les gens, même les hommes, écouteront ce que j'ai à dire.
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MessageSujet: Re: Correspondance   Mer 28 Mai - 8:50

Bien évidement, la réponse de Théroigne ne fut pas négative. Elle semblait emplie de joie que d'avoir enfin une chance dans cette aventure. Mais il y avait encore beaucoup à faire... Espérons qu'elle sera à la hauteur de la tâche que je vais lui confier... 
Sa réponse étant positive, je pouvais m'atteler à l'écriture de la lettre.

Par la présente, 
Moi Lieutenant Général Gilbert du Motier, Marquis de La Fayette informe les lecteurs de ce pli, de mon entière confiance et de mon soutient complet envers Madame Théroigne de Mericourt. 
Je me porte garant de cette personne et ainsi, vous incite à considérer cette personne avec tout l'égard qui me serai dû.


Daté, Signé.


Cette lettre était relativement directe certes, mais elle sera utile à la porteuse pour pouvoir ce faire entendre en tout lieu. A partir de ce moment, je tenais quelqu'un qui allait pouvoir m'aider à guider les voix de Paris. Mais elle avait sans doute malgré ses connaissances, beaucoup à apprendre, tout comme moi d'ailleurs.
Je lui présenta alors le pli après avoir prit soin de déposer la plume que j'avais utilisé et je pris la parole.

"Voilà Madame. Avec ceci vous serez sans aucun doute beaucoup plus écouté dans les clubs de Paris. Votre charge est simple. Transmettez les idées réformatrices et libérales à ceux qui veulent bien les entendre, il y a nombre de personnes qui pourront vous aider dans cet objectif. Je vous conseilles de les trouver. Mirabeau, Danton, Desmoulins... Ce sont des personnes avec qui je me suis déjà entretenu et qui partagent les mêmes idées que moi en ce qui concerne cette fameuse Assemblée Nationale. Avec cette lettre ils vous recevront sans doute. Mais faites attention à vous et à la police qui surveille de près l'évolution de la situation. C'est un jeu dangereux, mais qui vaut le coût soyez en assurée"


Pour moi, nul doute qu'elle ne se fera pas prendre. Sa détermination est grande et je suis sûr qu'elle a elle aussi son rôle à jouer, reste à savoir à quel niveau et à quel moment précisément. J'aurais les réponses en temps et en heure. Mais pour le moment je ne peux pas me passer de l'aide qu'elle me propose. Cela m'est trop précieux car si la France se soulève comme en Amérique, nous avons intérêt à faire très vite si nous ne voulons pas qu'une guerre civile se déclare dans le royaume. Espérons que l'on y échappe... Et si nous y échappons réellement, ce sera en partie grâce à elle, qui aura posée sa pierre à l'édifice.

Je souriais alors à la jeune femme et lui dis :

"C'est de gens comme vous dont j'ai besoin. Vous avez vraiment bien fait de m'écrire mademoiselle, je suis vraiment ravi de vous avoir rencontré. Si vous avez besoin de quoi que ce soit pour remplir votre tâche, vous pouvez venir me voir à Versailles à n'importe quel moment. Présentez la lettre aux gardes, ils vous feront dirigeront vers mes bureaux."
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MessageSujet: Re: Correspondance   Mer 28 Mai - 20:22

Je ne pus m'empêcher de lire par dessus l'épaule de la Fayette ce qu'il notait de son écriture soignée. Tout sera tellement plus facile désormais. Ce pli était pour moi mon droit d'entrée au monde de la politique, un passage pour que les hommes me prennent enfin au sérieux. Et ceci, je ne compte pas la laisser moisir au fond d'un tiroir ! J'essayerai de l'utiliser le plus souvent possible, mais toujours en prenant garde aux personnes à qui je la mettrai sous le nez.

Il me tendit la lettre et je la saisis joyeusement. Je le regardai droit dans les yeux le temps qu'il fasse son discours, me questionnant sans cesse sur mes capacités à mener à bien cette tâche. Mais je me connaissais, et je savais que j'en étais capable. Je fis l'effort de mémoriser les noms qu'il me cita : Mirabeau, Danton, Desmoulins. Je n'en avais jamais entendu parler mais je me ferais une joie de les rencontrer, en espérant que les dires de la Fayette sur leur manière de penser étaient exacts. Mais si le général les avaient déjà rencontré, je ne doutais pas que ces hommes soient fiables. Et quant à la police ... Je tâcherai de faire attention. Et s'il venait que je me fasse prendre, je pourrai toujours trouver un moyen pour m'en sortir. En effet, je pouvais être une très bonne actrice. Et puis, je me débrouillais assez bien quant au maniement du pistolet et du sabre. En revanche, je ne pus réprimer un rire lorsque la Fayette me proposa de venir le voir à Versailles. Moi ? A Versailles ? Il n'en était pas question ! Jamais je ne voudrais me retrouver parmi ces prétentieux de nobles que je ne pouvais supporter. Pour eux, les problèmes dont souffraient le pays n'étaient rien. Il était tellement plus grave que la robe que Madame la Comtesse venait d'achetée n'étais plus à la mode. Quoi ? Le peuple à faim ? Et bien qu'il mange, vous répondront les Marquis. Jamais je n'irai là-bas sans risquer d'en étrangler un sur place, et ce serait vraiment bête d'être embastillée dès aujourd'hui. Néanmoins, je hochai la tête en guise d'approbation; Qui sait, peut-être aurai-je l'obligation de rencontrer le Marquis en personne pour je ne sais quelle raison importante. Je finis par prendre la parole après plusieurs instants de silence :

"Très bien. Je vous tiendrai au courant de mon avancement dans de futures lettres, qui ne sauraient tarder. Mais je ne voudrais vous incommoder en vous rendant visite à Versailles. De plus, je ne suis pas sûre que j'y sois accueillie convenablement. Après tout, une femme du peuple n'a rien à faire auprès des plus hauts dirigeants du pays et brillantes personnes de la haute société" dis-je sur un ton sarcastique.

Je regardai autour de moi et me rappelai que j'avais acheté dans la matinée une bouteille de vin. Certes, il n'étais pas de très bonne qualité mais j'espérais que cela suffirait tout de même. "Attendez" dis-je simplement au général avec un large sourire, puis je partis chercher la boisson ainsi que deux verres adéquats. Je débouchonnai la bouteille tant bien que mal et remplis les deux coupes. Lorsque je revins, j'en tendis une au Marquis et levai mon verre.

"Pour sceller notre arrangement" Puis après un court instant: "Ne vous en faites pas, elle n'est pas empoisonnée. Comment vouloir vous faire du mal après l'immense service que vous venez de m'accorder ?" dis-je en souriant.

Nous trinquâmes et bus le contenu de mon verre en quelques traites. En effet, il n'était pas terrible. Mais la satisfaction avait un goût tellement plus savoureux que j'en oubliai celui du vin.
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MessageSujet: Re: Correspondance   Mer 28 Mai - 22:56

Théroigne semblait très déterminée à remplir sa mission cela me réjouissait vraiment. Trouver des gens aussi prêt à se battre pour des idéaux étaient rare. Pourtant, elle me semblait sûre d'elle, prête à faire des effort et surtout et c'est le plus important; fermement décidée à avancer. Que vouloir de plus ? Si il y avait une quinzaine de personnes comme elle, c'était toute la cause du Tiers Etat qui pourrai en être totalement transformée. Les événements étaient en marche, ne restait plus qu'à stopper les engrenages extrémistes et à guide le peuple de Paris vers le bon choix, celui qui ne nous enverrait pas droit vers un désastre.

J'écoutais avec attention Théroigne qui semblait détester la noblesse française. Elle était bien à l'image de cette société. J'en viendrais même à avoir peur pour moi ! Après tout, je suis Marquis ! Trève de plaisanteries. Elle a tout à fait raison. Le royaume s'endette de jours en jours. Les dépenses de la cour, de sa majesté la Reine et des deux dernières guerres ont lourdement endetté le royaume. Et pourtant, la Noblesse continue à user de ses privilèges, ajoutant du malheur à celui déjà sur le dos du Tiers-Etat. Pourtant la vie est possible sans tout les avantages des deux Grands Ordres. j'en suis la preuve même... Il faut que cela cesse.

La jeune femme me signala de l'attendre ici et s'éclipsa quelques minutes. Faisant quelques pas dans la salle, mon regard s'arrêta sur les pages manuscrites visibles sur le bureau. Curieux de nature l'envie de lire quelques lignes fut irrésistible. Chose que je fis jusqu'à ce que des bruits de pas me firent reprendre ma posture du militaire attendant debout à quelques mètres du bureau.
Nous trinquâmes alors pour clore cet arrangement. J'appréciais vraiment le soin qu'elle mettait à faire en sorte que je sois bien reçu en sa demeure. Et bien que le vin n'était pas excellent, je prit plaisir à le boire. Après tout je ne me connais pas trop dans ce domaine, je me régale tout autant avec celui ci que celui dans mon bureau. je déposai le verre sur une table avant de reprendre la parole.

"Je vous remercies vraiment pour vôtre accueil Madame, c'est un plaisir. Je pense que nous serons amenés à nous revoir régulièrement..." Après un instant de réflexion, j'ajouta "Je ne peux que vous inviter à assister aux cessions des Etats Généraux, je pense que ce qui s'y dira vous interessera sans aucun doute. D'ici là, faites de votre mieux, je suis sûr que vous ferez des merveilles pour notre cause. Et une dernière chose sur ce point, armez vous. Trouvez vous de quoi vous défendre, Paris est très inquiétant en ce moment. Si vous voulez, je vous laisse un pistolet, ce sera toujours cela de prit."

J'avais peur que la situation ne dégénère. Combien de temps encore la distribution de pain pourra t-elle être gardée ? Deux boulangers sont déjà morts avant même que l'on réfléchisse à de possibles mesures pour calmer la faim de Paris. A ce rythme là, ce sont les régiments provinciaux qui interviendront en personne pour calmer la furie... Je ne veux pas cela. Et ce n'est pas moi avec mes compagnies qui pourront calmer la situation. Il faut que le roi fasse un geste rapidement. ou cela va devenir incontrôlable, vraiment...
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MessageSujet: Re: Correspondance   Jeu 29 Mai - 1:05

La discussion touchait doucement à sa fin et le temps des adieux se reprochait inexorablement. Ce fut le Marquis qui entama les politesses pour clôturer la conversation. Suivant ses conseils, je me rendrai volontiers aux séances des Etats Généraux, le plus souvent possible, du moment que mes activités me le permettent. Mais en attendant l'ouverture de ces derniers, il me fallait trouver des alliés à notre cause. Qui sait, peut-être arriverai-je à trouver des députés d'autres ordres que celui du Tiers et essayer de les convaincre ? Une chose était sûre, il fallait ancrer l'idée de la création d'une Assemblée nationale dans les esprits les plus brillants, et calmer les colères des parisiens non intéressés par la politique, ceux qui se moquent des Etats généraux et qui ne connaissent que leur ventre qui a faim, alors que les stocks de pain ne cessaient de diminuer. Quant au second conseil du général, concernant l'acquisition d'une arme à feu, il est vrai qu'il serait judicieux d'en posséder une. Mais je n'en avais jamais eu à moi seule. J'avais appris à tirer auprès de l'officier Anglais que j'avais auparavant rencontré, lorsque j'étais encore au service de madame Colbert, lorsque je vivais encore à Londres. Certes, je ne tirais pas aussi bien qu'un soldat mais disons que je savais me débrouiller. Je me décidai tout de même à répondre :

"Il est vrai qu'un pistolet me serait bien utile ! Ne serais-ce que pour éloigner les personnes peu fréquentables ou trop sûres d'elles. Aussi, j'accepterais volontiers votre arme, si elle ne vous est d'aucune utilité, bien sur. Je ne voudrais pas vous en priver ..."

S'inquiétait-il vraiment ? Ou étais-ce juste une simple précaution ? Quoi qu'il en soit, une femme avec une arme sera toujours prise plus au sérieux qu'une femme qui en serait dépourvue. Et pour les plus réticents à cette idée, une démonstration ne leur ferait pas de tord ! Evidemment, je pensais de telles choses mais jamais je ne le ferais. Il n'étais pas question d'attirer l'attention sur moi. Car la mission que j'avais accepté devait se faire dans le plus grande discrétion si je voulais avoir une vie longue et dépourvue de toute altercation avec la justice. Mais d'un autre côté, je ne risquais pas d'avoir ce type de vie avec un tel tempérament et des idées de la sorte.

"Ce fut un véritable plaisir de vous rencontrer, vraiment. Mais pour tout dire, je ne m'attendais pas à ce que vous prêtiez attention à ce point à ma lettre. Quoi qu'il en soit, cette missive fut surement celle qui eu le plus de conséquences. Je ne saurai comment vous remercier pour la chance que vous m'accordez." Je marquai une petite pause, souriant mon hôte."J'espère que nous nous reverrons prochainement, avec de bonnes nouvelles à vous rapporter. Je vous souhaite un bon courage pour les Etats Généraux que je me ferai une joie d'aller voir. Merci encore pour votre visite !"

Ne ne savais quoi ajouter et à vrai dire, je n'avais pas envie que le général s'en aille. Non pas que je me sois attaché à lui, mais bien parce qu'il s'agissait d'un des premiers interlocuteur avec qui je pouvais parler librement de politique, sans qu'il ne me considère comme une petite fille.

"Je ne voudrais vous retenir plus longtemps, vous devez certainement avoir des tas de choses à préparer, avec les Etats Généraux qui approchent ..."
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MessageSujet: Re: Correspondance   Ven 30 Mai - 10:46

L'idée d'être équipée d'une arme à feu satisfaisait mon interlocutrice. Elle avait bien raison de ne pas refuser cette proposition. Il valait mieux être équipé correctement car il n'y avait pas que des personnes recommandables à Paris. Ce serait une erreur dangereuse, voire mortelle. Ainsi, alors qu'elle n'avait pas encore fini de me remercier de cette proposition, je sortais de mon écharpe blanche à la ceinture, un pistolet à silex, une gourde de poudre et quelques balles dans une poche. Le tout fut déposé sur une table. Cela ne me dérangeais pas de me séparer d'un pistolet. Après tout, j'ai accès aux armureries et arsenaux militaires de l'armée royale. J'en reprendrais un. 
Alors que Théroigne continuait à parler je souriais en entendant ses remerciements quant à ma venue et lui répondis bien évidement.

"Madame tout l'honneur fût pour moi sachez le. Rencontrer une jeune femme instruite et prête à tout pour défendre ses idées réchauffe le coeur des hommes comme moi. Vous me remerciez déjà bien assez en ayant accepté ma proposition. J'ose à croire que nous nous reverrons pleins de nouvelles à échanger. Faites attention à vous et si vous venez aux Etats généraux, soyez indulgente si je dois prendre la parole." Dis je en souriant

Elle reprit quelques instants puis en me dirigeant vers la porte, tout en continuant à lui faire face j'ajouta :

"Oh vous savez... Le plus gros du travail est fait. Je connais les doléances de la noblesse d'Auvergne par coeur. Toujours la même chose à laquelle je n'adhère pas forcement comme vous pouvez vous en douter ! Cela m'a fait du bien de quitter les salons de Versailles et mes cahiers. A vrai dire, c'est vous qui pour le moment avez du travail. Le peuple n'attendra pas pour s'exprimer. Faites attention à vous madame."


Sous ses mots, j'ouvris la porte et mis pied à l'extérieur. Je remis mon tricorne noir à la cocarde blanche, symbole de la royauté sur ma tête et monta sur mon fidèle cheval blanc qui attendait depuis mon entrée non loin de là.

"Il semble que les troubles gagnant Paris n'aient pas encore étés jusqu'ici. Vous avez de la chance, profitez en, cette rue finira par être un lieu de tumulte lui aussi n'en doutez pas un instant"
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