La révolution est proche. Revenez en 1789 et réécrivez l'Histoire.
 

Partagez | 
 

 Une course matinale ( PV LIBRE)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar


Messages : 81

Date d'inscription : 30/04/2014


MessageSujet: Une course matinale ( PV LIBRE)    Jeu 1 Mai - 0:10

Le soleil du matin commençait à tomber sur les rues de Paris. J'étais habituée à venir faire mes petites courses lorsque la ville dormait encore, lorsque personne ne bougeait et ne me dérangeait. Ainsi, on avait plus de liberté pour parcourir les rues en les déambulant comme une personne n'ayant rien à se reprocher. Une jeune femme comme les autres qui traversait les rues. Oui, être inconnue ou éviter les réflexions des uns et des autres étaient tellement plus appréciable surtout de bonne heure. Il était difficile d'entendre des remarques de certaines personnes dont vous ignorez complètement l'existence. Mais vous continuez votre chemin en marchant l'air hautain comme vous en avez l'habitude. En ces temps difficiles, il serait quasi-suicidaire de se laisser déborder par sa colère.

    Là-bas, au sommet de la rue, en rangée comme des soldats, une interminable ligne de petites boutiques. Elles étaient toutes ouvertes et leur propriétaire debout clignant leur  gros yeux sous l'ardente lumière de leur vitrine, essayaient d'attirer les clients par diverses manières. L'un amadouer le potentiel client comme pour l’hypnotiser, l'autre s’efforçait de sourire et de parler fort, une grande femme avec sa voix de poissonnière
opérait une tout autre tactique, elle établit ce jour-ci une réduction de 30 % sur tous les articles de son magasin. La femme nonchalante avait obtenu ce qu'elle désirait, je m'y rendis.

- Bien, bien ! Vous êtes la première cliente de la journée, Madame. Que désirez- vous ?

    Une fois à l'intérieur, je remarquais les nombreux articles présents dans son épicerie, c'était un coup de grâce, pensais-je. J'avais besoin d'un litre de lait, et de petits gâteaux pour satisfaire mon appétit. Cependant, je fus attirée par un panier garni de provisions, plus alléchantes les unes que les autres. Il contenait un pâté de foi gras, un morceau de langue fumée, un pavé de Pont-Lévêque, des petits fours, un bol plein de cornichons et d'oignons au vinaigre puis des fruits. Le prix n'était pas si élevé que ça. D'un geste rapide et satisfait je le saisis, il était d'un poids considérable mais rien n'avait d'importance puisque par la suite j'allais pouvoir produire un repas succulent digne des plus distingués.

    Une fois les achats effectués, je montai la rue pour rentrer dans mon appartement. L'air frais du matin, me brûla les joues mais cela me réveillait. Toutes mes emplettes me paraissaient lourdes, si pesantes que je m’immobilisai sur un banc, terriblement essoufflée.


Dernière édition par Boule de suif le Mar 24 Juin - 3:08, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 267

Date d'inscription : 14/02/2014


MessageSujet: Re: Une course matinale ( PV LIBRE)    Sam 21 Juin - 1:21

Ce fut un large sourire aux lèvres que je me rendis chez le boulanger, déjà assailli par des dizaines de femmes et d'enfants. Toutes possédaient l'argent nécessaire, mais le pain manquait en ces temps incertains. Je ne cherchai pas à me frayer une place parmi les ménagères, elles en avaient plus besoin que moi. Malgré la faim qui me tiraillait, je continuai mon changement, plus sérieuse que lorsque j'étais arrivée devant la boulangerie. J'essayai plusieurs autres commerces mais beaucoup étaient déjà assaillis par des affamés suppliant le marchand de les laisser passer, pour quelque prétexte que ce soit. Je fronçai les sourcils. Il n'était pas question que je me mêle à cette foule aveuglée par la faim. Au bout de plusieurs heures à tourner en rond dans la ville, je pris la peine de m’asseoir sur un banc, histoire de reprendre mon souffle et de calmer la colère qui montait en moi. Je n'avais pas assez pour consommer et m'installer dans un café. De plus, il n'y en avait pas dans les environs, pas à ma connaissance en tout cas. Je tournai machinalement la tête et remarquai avec stupeur que je n'étais pas seule sur le banc. Comment n'avais-je pas vu la femme quelque peu imposante qui se tenait à côté de moi ? Je me redressai sur le banc en continuant de la fixer. A vrai dire, ce n'était pas vraiment elle que je regardais mais bien son panier de provisions. Une brève analyse de son contenu me confirma que certaines personnes seraient prêtes à tuer pour de tels mets, surtout par les temps qui couraient. Je tentai ma chance, consciente que cette femme pourrait bien résoudre mon problème de nourriture.

- Vous feriez mieux de ne pas traîner dans les rues avec un tel paquet, vous risqueriez de vous faire agresser !

Je fis une pause et attendis la réaction de la jeune femme. Ce que je venais de dire était fondé, aussi je ne pensais pas qu'elle puisse se rendre compte de mes intentions. Je continuai en souriant :

- Je sais que je ne suis pas bien forte, mais je suis persuadée qu'à deux, nous pourrez faire parvenir ce panier à destination.

J'avais beau avoir des airs de nobles dans mes habits relativement soignés, mais je restais toujours une fille aillant grandi à la campagne. Aussi, j'avais l'habitude des tâches ménagères et physiques. Je souriai à mon interlocutrice.

- Au fait, je me nomme Théroigne de Méricourt, enchantée de faire votre connaissance.

Je fis un signe de la tête et me levai brusquement, sans faire attention aux regards interrogateurs des nombreux passant qui circulaient dans la rue. Si cette femme acceptait mon aide, j'étais certaine que je pourrais également la rallier à la cause révolutionnaire. Car comme le Marquis de la Fayette me l'avait fait comprendre lors de notre dernière entrevue, plus nous serons, plus nos chances grandiront.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 81

Date d'inscription : 30/04/2014


MessageSujet: Re: Une course matinale ( PV LIBRE)    Sam 21 Juin - 5:25

Assise, sur un banc juste en face d'une jolie fontaine où jaillissait une eau turquoise, semblable à celle des îles paradisiaques. Je reprenais mes esprits, enfin dans le cas dans lequel j'étais, il s'agissait plutôt de reprendre ma force mais j'étais obnubilée par cette merveilleuse création de l'homme. Ainsi, je me perdais dans mes pensées plus saugrenues les unes que les autres. La faim me tiraillait mais j'étais emprise d'une paresse phénoménale. J'étais là, le regard fixe en ayant mon panier sur les genoux. Ce n'était pas très prudent de le laisser à la vue de tous les passants étant donné que les agressions étaient exponentielles de nos jours et particulièrement à notre époque. Certains hommes ne se gênaient pas par la même occasion de lancer des regards furtifs, là où il ne fallait pas, si vous voyez ce que je veux prétendre.
Soudainement, j'entendis une vois assez aiguë, c'était une femme, mais s'adressait-elle à moi ? Je tournai la tête à droite et me rendis compte que c'était le cas. Elle s'était assise à côté, sans que je m'en rende compte, occupée à contempler le précieux liquide en face de moi. C'était une jeune femme brune et qui m'avait l'air ma foi, bien sympathique.

Elle prit la parole :

- Au fait, je me nomme Théroigne de Méricourt, enchantée de faire votre connaissance.

Comme j'avais l'habitude et ce qui était tout à fait naturel de ma part était de lui tendre ma main. C'est alors avec un agréable sourire que je continuai :

- Ravie de faire votre connaissance, Théroigne de Méricourt, je me nomme Boule de suif. Cela me touche que vous désirez m'aider à porter mes affaires, j'accepte volontiers.

Je me levai et récupérai mon panier, je donnais l'autre petit sac à cette âme charitable qui tombait à pic. Ainsi, nous prîmes une petite rue qui montait rudement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 267

Date d'inscription : 14/02/2014


MessageSujet: Re: Une course matinale ( PV LIBRE)    Dim 22 Juin - 4:31

Ce fut avec joie (et presque avec soulagement) que l'inconnue accepta mon aide. Je me saisi du petit sac qu'elle me tendais et la regardai se lever. J'espérais simplement qu'elle n'habitait pas trop loin car mes jambes peinaient à supporter encore le poids de mon corps. Je n'aurais peut-être pas du marcher si longtemps dans les rues sans but précis excepté me remplir l'estomac. mais d'un autre côté, si je ne l'avais pas fait, je ne serais pas tombée sur Boule de Suif. Je trouvais ce nom assez étrange, presque drôle. Un surnom certainement, comme le mien en ce moment. Je ne posai aucune question et la suivis dans la petite rue dans laquelle elle s'engouffrait. Je ne pus m'empêcher de m'arrêter net en voyant la pente rude que je me devais de monter si je voulais parvenir chez Boule de Suif. L'idée d'abandonner la jeune femme me traversa l'esprit mais s'en alla aussitôt. Je ne trouverai jamais de quoi manger si je la quittais à cet instant, et je n'abandonnais pas l'idée de la rallier à la cause révolutionnaire. Prenant mon courage à deux mains et tentant tant bien que mal d'oublier la douleur qui occupait mes jambes, je suivis le sillage de ma compagne. Je la rattrapai rapidement grâce à de grandes enjambées douloureuses, mais permettant d'atteindre le sommet de cette rue de misère rapidement. Néanmoins, je me calai sur la pas de la jeune femme. A moitié essoufflée, je lui demandai sur le ton de l'humour :

- Quelle idée de passer par un chemin parsemé d’embûches comme celui-ci ?

A vrai dire, ma question était sérieuse. N'y avait-il aucun autre chemin pour se rendre chez elle ? Je ne pourrai jamais m'en assurer, mais le chemin commençait à devenir long et épuisant. J'ajoutai ces quelques mots :

- Le mérite n'en sera que plus grand !

J'essayais de nous motiver aussi bien l'une que l'autre, bien que ces paroles s'adressaient surtout à moi. Ma peine pris cependant bientôt fin puisque nous arrivâmes bientôt au sommet de la rue. D'en haut, la pente que nous venions de gravir semblait beaucoup moins imposante, mais avait réussi à éloigner les moins courageux qui restaient dans la rue principale, où les passants se faisaient toujours plus nombreux. Je repris mon souffle en faisant mine d'observer les activités du "peuple d'en bas". Après quoi, je souris de nouveau à ma compagne et l'interrogeai du regard.

- Je vous suis, dis-je en faisant une parodie de révérence l'invitant à passer devant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 81

Date d'inscription : 30/04/2014


MessageSujet: Re: Une course matinale ( PV LIBRE)    Mar 24 Juin - 2:50

-"Quelle idée de passer par un chemin parsemé d’embûches comme celui-ci ?"

Évidemment il semblait difficile de monter cette pente tant elle était rude et arbitraire. Mais, c'était le seul chemin pour se rendre à ma maison. Si par mégarde, une personne perfide avait le dessein de me suivre pour n'importe quelle raison, elle était vite découragée. Ainsi, ce chemin pouvait posséder des avantages. J'avais l'habitude de cette petite ruelle, alors malgré ma surcharge pondérale et mes paniers, j'avançais plutôt vite, oubliant presque l'âme charitable qui m'aidait. Je me retournais, et avec un rire nerveux, je répondis.

- La seule et unique rue pour arriver à bon port, voyez-vous. La récompense sera bien méritée.


J'appréciais cette jeune femme, non seulement pour le fait qu'elle m'aide mais aussi pour sa joie de vivre qui s’apercevait sur son joli visage. Après quelques minutes de marche, nous pouvions distinguer une petite maison couleur terre avec deux chats qui attendaient bien sagement le retour de leur maîtresse, deux grands chênes faisaient office d'accueil. J'ouvris le petit portillon en bois. Nous traversâmes la petite cour puis nous entrâmes à l'intérieur de la petite maisonnée. Je fis entrer la jeune femme, par signe de politesse. Puis ce fut mon tour, et celui des chats. Deux jeunes chats que j'avais adopté depuis peu.


- Voilà, nous y sommes. Alors surtout, faites comme j'ai vous ! J'insiste.
Votre aide a été d'un réconfort pour moi.

Je pris les paniers et rangeai tous mes achats dans les placards. Je servis de l'eau à mon invité, et d'un regard amical lui dis.

- Alors, que faites vous dans la vie ? Venons-en aux présentations tout de même...!

Je m’essayai en face de la jeune femme et commençai à boire. D’habitude je ne voulais pas m’aventurer dans ce genre de conversation, où bien quand une personne me demandait mon métier, je changeai de conversation ou bien j'inventais une autre vie, celle qui m'aurait plus. J'avais honte, et tellement de colère contre moi, mais j'y étais bien contrainte. Mon rêve était de devenir comédienne, mais comment le devenir quand on a aucun moyen de se payer une formation adéquate. Je suis seulement célèbre dans le monde des enfants, étant donné que j'écris des contes et des fables pour eux. Mais cela s'arrête là. Peut être, un jour aurais-je la chance de monter sur la scène et de montrer mon talent. Mais ce serait quasi-suicidaire, je me suis infligée moi-même une sale réputation qui me colle à la peau. J'ai un masque symbolisant le vice et la vertu à la fois. Je peux même avouer que le vice est en moi et que j'aime bien ça. Ainsi, si je change de ville, peut être aurai-je une nouvelle vie, mais j'en doute, je peine à le croire. Il serait sans doute préférable de quitter le pays alors ? Tant d'interrogations venaient à moi, c'était trop. Je poussais un petit soupir d'exaspération sans m'en rendre compte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 267

Date d'inscription : 14/02/2014


MessageSujet: Re: Une course matinale ( PV LIBRE)    Mar 24 Juin - 6:31

Enfin, nous arrivâmes devant la maison de la jeune femme. J'attendis qu'elle ouvre la porte et ne fit pas attention au chat qui s'approchait furtivement de ma jambe, pour finalement venir s'y frotter. Je sursautai avant de me rendre compte de la présence du félin qui me regardait d'un air suppliant, en recherche de caresse et d'affection. Pour toute réponse de ma part, je lui shooter dedans pour l'écarter. Je lui lançai un regard méchant et il fit de même. Je n'aimais pas les chats. Ce sont des animaux fainéants, inutiles et qu'il faut nourrir tous les jours, ce qui rend le maître plus pauvre qu'il ne l'est déjà. C'étaient les raisons pour lesquelles je n'en aurais jamais.

Je rentrai sur l'invitation de Boule de Suif et observai quelques instants l'intérieur de la maison. Il y avait peu de biens et était assez modeste, bien qu'il semblait évident que sa propriétaire n'était pas tout à fait pauvre. Je posai mon panier à terre, à côté de ma compagne et m'assis à la table. Je bus cul sec le verre d'eau qu'elle m'avait servi pour étancher la soif qui ravageait ma gorge, puis attendis qu'elle me rejoigne. Je lui souris et lorsqu'elle me demanda ce que je faisais dans la vie, je fus bien embêtée. Je n'avais pas réellement de métier. Néanmoins, je répondis pour camoufler le grognement qui s'échappait de mon ventre, réclamant qu'on le remplisse le plus vite possible :

"Je suis journaliste, en quelque sorte ... J'écris quelques articles de temps à autres, des pamphlets pour la plupart. Sinon, je ne travaille pas vraiment ..."

Je n'en avais pas besoin ! Avec l'argent que j'avais reçu de mon admirateur italien (comment s'appelait-il déjà ? Peu importe), je n'avais plus besoin de chanter ou de jouer les dames de compagnie. J'étais libre de mes actes et de mes choix, pour la première fois de ma vie il me semblait. Je ne voulais pas qu'elle sache que je me vouais corps et âme aux rébellions et à la cause révolutionnaire. Après tout, je venais juste de la rencontrer et je ne pouvais être sûre de ses intentions. Peut-être était-elle une fervente royaliste haïssant les révolutionnaires comme moi. Je lui en parlerai, mais pas tant qu'elle ne m'aurait pas donné à manger, car la faim se faisait de plus en plus dure à supporter. Et comme s'il m'avait entendu penser, mon estomac gémit brouillement, me faisant rougir. Je souris maladroitement à Boule de Suif, j'avais trop faim.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 81

Date d'inscription : 30/04/2014


MessageSujet: Re: Une course matinale ( PV LIBRE)    Mer 25 Juin - 1:09

Je posai mon gobelet sur la table et l'a regardais parler, elle était décidément naturellement jolie, c'était rare de rencontrer une femme à la fois d'une belle âme et belle physiquement. Je lui rendis mon plus agréable sourire, et constatai qu'elle possédait un esprit littéraire en quelque sorte, comme moi. En effet, elle me fit part qu'elle était journaliste et qu'elle écrivait des pamphlets. Mais, des pamphlets ? Des interrogations arrivèrent dans mon esprit. Alors, elle défendait une cause ? Elle publiée des courts récits satiriques ? Mais pour quelle raison ? Je le saurai après, en dégustant les délicieux mets que j'avais acheté. Je l'a regardait un instant, enfin pendant 2 minutes, ce qui aurait pu paraître long pour cette femme en face de moi. En effet, j'avais assez l'habitude de fixer mes interlocuteurs même quand ceux-ci n'ouvraient absolument pas la bouche pour se prononcer. Cela pouvait déstabiliser. Toutefois, j'appréciais admirer les détails de chaque visage, l'expression, la couleur des yeux, la forme du nez. Je fus tirée de ma contemplation lorsque un bruit assez étrange se fit entendre. Le ventre de mon invitée cria famine. Avec un petit rire nerveux, je me levai et ne voulant pas la faire souffrir davantage, je mis la table.

- Je n'oserai vous faire patienter davantage. Cela est clairement perceptible, vous avez une faim de loup. Encore quelques minutes à attendre, mistinguette.


Une fois la table mise, je me dépêchai de poser les aliments à cuire. Elle allait manger comme une reine, tous les invités que j'avais pu avoir étaient tous très satisfaits de ma cuisine. C'était bien consistant, bien relevé, et délicieux grâce à ma petite touche personnelle.
Alors, ce sera du riz et de la langue de bœuf fumée pour aujourd'hui. Je déposai la baguette de pain sur la table, en lui souriant. Je donnai par la même occasion un peu de lait à mes deux petits chats qui eux aussi ne le cachaient pas, avaient une soif épouvantable. Ils n'arrêtaient pas de miauler et de demander encore et toujours du lait et un peu de viande. Puis j'installai le panier fourni que j'avais déniché en ville. Il contenait un pâté de foi gras, un pavé de Pont-Lévêque, des petits fours, un bol plein de cornichons et d'oignons au vinaigre pour l'entrée puis des fruits qui seront pour le dessert. Je dis à Théroigne.


- Alors, encore une fois j'insiste, faites comme chez vous ! Servez-vous !

Ceci dit, je retournai observer la cuisson du plat principal.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 267

Date d'inscription : 14/02/2014


MessageSujet: Re: Une course matinale ( PV LIBRE)    Mer 25 Juin - 22:24

Je rougis lorsque mon ventre se fut enfin calmé. Je levai les yeux vers mon interlocutrice qui riait sincèrement, tandis qu'un sourire se dessinait à mon tour sur mes lèvres. J'étais vraiment confuse mais je ne pouvais maîtriser les plaintes de mon estomac vide. Boule de Suif se leva avec pour objectif de préparer à manger, et je ne pus m'empêcher de me lever pour mettre la main à la patte. Mes jambes me faisaient encore souffrir mais supportaient encore le poids de mon corps, pour mon plus gros soulagement. Je proposai mon aide mais les maîtresse de maison de voulait rien entendre. Aussi, je me rassis et regardai autour de moi, à tuer le temps. Je culpabilisais d'ainsi profiter de l’hospitalité de la jeune femme, mais je n'avais pas d'autre choix. En fait, j'en avais beaucoup d'autres, mais celui-ci restait le plus simple à exécuter. Au bout de quelques minutes, Boule de Suif revint dans ma direction avec une bouteille de lait. Je lui souris avant de me rendre que la boisson ne m'étais pas destinée, mais bien aux chats qui attendaient sagement. Je leur lançai un regard méprisant tandis qu'il savourait le liquide blanc. Moi aussi j'aurais aimé du lait ! Me voilà jalouse de chats, c'était le comble ! Rapidement, une douce odeur caressa mes narines et je commençai à saliver. Je me levai lorsqu'elle apporta les plats qu'elle venait de sortir du panier que j'avais porté, et voulus l'aider. Je cherchai les couverts et les trouvai difficilement, puis les arrangeai sur la table, sans oublier de trébucher sur un des chats. Je me retins de l'expulser à l'autre bout de la pièce et observai les différents mets présents sur la table. Malgré l'insistance de mon hôte, je ne pus commencer à manger seule. Enfin, je chipai quelques petits fours et un ou deux cornichons, tout en faisant mine d'attendre sagement le retour de la cuisinière. Néanmoins, je ne pus retenir ce commentaire :

- C'est délicieux !

Je mangeai encore plusieurs petits fours, j'en étais folle. Après en avoir mangé la moitié, je me retins de plonger sur le reste et me mis à table, attendant sagement Boule de Suif. Mon ventre semblait déjà satisfait. Pourtant, la suite semblait d'autant plus délicieuse. Je me levai une nouvelle fois et me dirigeai vers la jeune femme.

- Ca me gêne, vraiment. Comment puis-je vous aider ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 81

Date d'inscription : 30/04/2014


MessageSujet: Re: Une course matinale ( PV LIBRE)    Jeu 26 Juin - 3:17

Les aliments cuisaient dans la grande casserole, les chats buvaient le lait, et mon invitée commençaient à manger. Elle trouvait ça délicieux et j'en étais ravie. Je constatai avec étonnement qu'elle était assez gênée, elle bougeait dans tous les sens et voulait sans cesse venir m'aider. J'avais l'habitude de tout faire toute seule et ce que je détestais par dessus tout était d'être assistée. Depuis mon plus jeune âge, c'est moi qui faisait le ménage, la cuisine, le linge, je faisais tout du sol au plafond, une vraie petite ménagère ! Depuis la mort de mes parents, il m'a fallu avoir de l'audace pour supporter la douleur, c'est la raison pour laquelle je m'étais forgée une carapace. Je détenais un fort caractère et je ne me laissais absolument pas marcher sur les pieds ni berner. Souvent, on me voyait comme une femme inaccessible et on osait pas vraiment venir me parler. Pourtant quand on me connaissait bien où qu'on on m'aidait quand j'en avais terriblement le besoin, dans ce cas là j'étais une femme très sympathique. Je pouvais être un ange mais quand des personnes m'embêter je pouvais être un démon.

Je me retournai et je vis qu'il ne restait plus que la moitié des petits fours. Cela ne me dérangeait pas, à partir du moment où Théroigne ne mangeait pas tout, tout allait bien.
La jeune femme se leva et me demandai si je voulais de l'aide, je lui répondis d'un ton à la fois autoritaire et affectueux.


- Je n'ai pas besoin d'aide, il me semble pourtant vous l'avoir dit ! Allez hop hop hop !!! Asseyez-vous, maintenant !

Je continuai à surveiller la cuisson du repas quand je regardai la jeune femme qui m'avait l'air bien maigrelette, à cette vue, je ne pus m'empêcher de lui lançai.

- Dites donc ! Il faut grossir un peu, vous êtes toute maigre !  Tout à l'heure, j'ai pu remarquer que vous aviez du mal à monter la pente ! Dis-je avec un petit sourire en coin.

Il était évident que la jeune femme était beaucoup plus mince que moi, et qu'il n'y avait donc pas de comparaison à faire. J'étais honnête envers moi même et envers les autres, mais parfois c'était trop, alors je faisais du mal sans le vouloir où parfois en faisant exprès pour bouger la personne en face de moi qui en aurait le besoin. En effet, lorsqu'il s'agit d'une personne qui se plaint souvent, là vous en avez terriblement assez, alors vous employez les moyens forts.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 267

Date d'inscription : 14/02/2014


MessageSujet: Re: Une course matinale ( PV LIBRE)    Lun 30 Juin - 6:18

A contre cœur, je m'assis à nouveau sur ma chaise, bien que les avertissements de la jeune femme n'ait pas apaisé mon malaise. Mais lorsque celle-ci commenta mon apparence et ma maigreur, la politesse et la retenue passèrent à la trappe. Je restai d'abord bouche bée quelques instants, sous le choc de ce qu'elle venait de me dire. Mais pour qui se prenait-elle pour me parler de la sorte ? Sans penser à min estomac non rassasié, je me levai de ma chaise et m'emportai quelque peu.

- Manger ? Comme j'aimerais bien manger à ma faim ! Sauf que tout le monde ne peut pas manger comme vous tous les jours. Vous avez de la chance d'avoir les moyens d'acheter de tels mets, mais dans Paris, rares sont ceux qui peuvent se le permettre. Les boulangeries ferment les unes après les autres et celles qui persistent sont envahies par des dizaines de mères suppliant qu'on leur donne à manger, pour survivre un jour de plus. Le peuple à faim, et vous me conseillez de manger ? J'ai parcouru la ville de long en large pour trouver du pain ce matin, et heureusement je vous ai trouvé ! Vous ne semblez pas valoir mieux que ces nobles qui pavanent à la Cour et qui n'entendent pas les cris des Français qui agonisent !

Je m'arrêtai net, me calmant peu à peu et essayant d'éteindre le feu qui brûlait mes joues. J'avais réagi selon mes principes, mais je venais également de commettre une grande erreur. Dans moins de deux minutes, je serai à coup sûr à la porte, revenue au point de départ. Je m'assis mais je n'osais lever les yeux sur mon hôte. Je m'étais emportée mais je m'étais arrêtée au bon moment, car au fond, elle n'y pouvait rien. Je pris ma tête entre mes mains, consciente que la faim me rendait agressive. Dans un souffle, je dis à mi-voix :

- Je suis désolée ...

Je ne savais que dire d'autre, je ne savais que faire. Il n'y avait rien à faire. Je ne pouvais changer ma personnalité dont la franchise était un des principaux défauts.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 81

Date d'inscription : 30/04/2014


MessageSujet: Re: Une course matinale ( PV LIBRE)    Lun 7 Juil - 1:00

J'attendais tranquillement que les aliments cuisent dans la marmite. Quand la jeune femme se leva de sa chaise et commença à m'agresser verbalement. Certes, il était tout à fait légitime pour elle de me dire ce qu'elle pensait, après ma petite pique que j'avais lancé. Mais tout de même, je trouvais qu'elle s’emballait extrêmement rapidement. Le silence était pesant et les cris de Théroigne était conséquent à entendre, les reproches fusaient. Je n'avais pas l'habitude de me laisser faire, et de dire également ce que je pensais. Je ne regrettais absolument pas ce que j'avais dit et j'assumais entièrement mes propos. J'étais une personne comme ça, non seulement je n'avais qu'une seule parole mais aussi j'assumais la plupart du temps mes propos qui pouvaient paraître assez complexes à entendre. Je regardais la jeune femme d'un air d’incompréhension totale, la colère me montai au nez. Je la regardai droit dans les yeux, et d'un haussement d'épaules lui dit :

- Ce n'était pas la peine de monter sur vos grands chevaux, j'ai dit ça avec humour, et non avec méchanceté, bien au contraire. Il semblerait que vous n'ayez pas beaucoup de sens pour la plaisanterie. Et puis, on ne parle pas aux gens comme ça. Vous êtes désolée? Il fallait réfléchir bien avant et peser ses mots mademoiselle. Je veux bien être gentille mais pas qu'on me prenne pour une imbécile. Vous ne connaissez pas ma vie ! Et d'ailleurs je ne veux pas plus parler avec vous. Vous ne savez pas vous adresser aux gens de manière courtoise et correct. Alors maintenant, soit vous restez pour manger, et encore j'ai encore un peu d'hospitalité à votre égard...Soit vous foutez le camp, il n'y a aucun soucis !

Ses propos étaient difficiles à entendre, j'étais déçue par son comportement quelque peu agressif.

_________________
Noli altum sapere " Ne cherche jamais à connaître ce qui te dépasse ".

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 267

Date d'inscription : 14/02/2014


MessageSujet: Re: Une course matinale ( PV LIBRE)    Mer 16 Juil - 1:57

Certes, je m'étais emportée. Mais la réaction de mon hôte, bien que justifiée, n'arrangea en rien la situation. Pour résumer la situation, je devais soit partir, soit faire comme si de rien n'était, ce que je ne supporterais pas. Je me levai, les joues en feu. J'en convenais que je n'aurais jamais du dire de telles choses, mais je ne regrettais aucune de mes paroles. Je regardai quelques instants la jeune femme sans rien dire, de peur d’aggraver à nouveau la situation. Je mourais d'envie de quitter cette pièce, ne plus jamais revoir cette femme, comme me le dictait mon amour propre. Mais mon estomac ne semblait pas du même avis.

- Bien

Je quittai la pièce précipitamment, sortant de la maison et claquant la porte derrière moi. Je préférais mourir de faim ! Je trouverais de quoi manger de toute façon, même si je devais dépenser une fortune. Et quoi qu'il advienne, je possédais de l'argent sur moi. Après m'être calmée quelques instants, je retrouvai le chemin de la maison de Boule de Suif et y entrai, résolue à ne plus m'énerver à nouveau. J'affichais un grand sourire non feint puisque le regard à la fois interrogateur et noir de la jeune femme rendait la situation hilarante. Je posai une  bouteille de vin sur la table et regardai à nouveau Boule de Suif.

- Quitte à se réconcilier, autant le faire bien.

J'ouvris la bouteille comme je pus. Je l'avais achetée il y avait quelques minutes seulement, cherchant un moyen de me faire pardonner. Et de toute manière, j'avais besoin d'un remontant efficace. Je m'assis à la table après avoir pris soin de poser deux verres sur celle-ci, les remplissant avec empressement du liquide rouge et bon marché. J'entrepris de faire mes excuses, ou au moins, de me justifier.

- Je suis vraiment navrée pour ce qu'il s'est produit. Mais vous comprendrez très vite l'origine de cet engouement. On ne peux pas réellement dire que je travaille, car on ne peut appeler cela un emploi à proprement parlé. Voyez-vous, je suis en train d'organiser la révolution, qui se prépare dans l'ombre. Croyez-le si vous le voulez, mais vous comprendrez vite pourquoi cette réaction certes inappropriée qui suscita chez moi une telle frénésie.

Je bus un premier verre de vin, de manière peu appropriée pour une femme, mais qui me fit le plus grand bien. Je relevai enfin les yeux sur mon hôte gênée mais compatissante.

- Aussi, je comprendrais si vous ne vouliez plus de moi. Il suffit de me demander de quitter votre maison et je m'exécuterait. Je comprendrais parfaitement votre geste.

J'espérais de tout cœur rester et me faire pardonner, mais je ne pourrais lui en vouloir si elle me mettait à la porte, c'était tout à fait compréhensible.



[Hors RP : Désolée pour le temps de réponse, mais je n'ai pas été très présente ces derniers jours. En espérant que la réponse te convienne]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Une course matinale ( PV LIBRE)    

Revenir en haut Aller en bas
 
Une course matinale ( PV LIBRE)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Obama en chute libre ...
» Un sous-vêtement dans l'arbre [Libre]
» JEAN JUSTE LIBRE HEUREUX ! JACQUES ROCHE EST MORT POU JE'L !
» Pas sur la neige...[Libre]
» ♦ Juste une envie d'oublier ... [ Libre ]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Remember the past :: Flood :: Oubliettes :: RP-
Sauter vers: