La révolution est proche. Revenez en 1789 et réécrivez l'Histoire.
 

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 Fille d'un autre monde [PV Faustine]

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MessageSujet: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Dim 23 Mar - 7:50

La vie semblait reprendre son cour normal dans le jardin des Tuileries en ce dimanche après-midi. Les tracas que causaient les diverses révoltes de la capitale semblaient bien loin. Le jardin des Tuileries était le refuge de bons nombres de personnes, des riches pour la plupart. Les pauvres étaient plus rares car contrairement aux nobles qui arpentaient sereinement les allées et les fontaines, les plus démunis devaient se battre pour trouver de quoi manger. Et je faisais parti de ces personnes qui profitaient de la météo avantageuse ainsi que de la température qui se faisait de plus en plus douce en ce début de printemps. Ainsi, assise sur un banc qui entourait une des fontaines, je prenais le temps de me vider l'esprit. J'avais acheté un de ces pamphlets qui commençaient à apparaître dans les points de vente de la capitale, mais je n'en avais pas encore lu le moindre mot. Je devais me vider l'esprit, ne plus penser à rien et surtout pas à ces actes désespérés qu'étaient les grèves de la faim.

Je regardais passer les promeneurs, insouciants, jeunes, riches. Eux, les révoltes leur passaient au dessus de la tête. Et si on leur avait demandé, ils auraient certainement répondu "Si le peuple a faim, qu'il mange !". Mais je ne pouvais leur en vouloir. La luxure formait comme un cocon qui les isolait du reste du monde. Puis, finalement, je me décidai à lire le petit pamphlet dont je ne connaissais même pas l'auteur. Les premières pages parlaient du roi, de la reine, de Versailles. L'auteur était outré par les injustices, l'inégalité des Etats Généraux. J'arrêtai ma lecture quand j'eus passé la moitié. Ce n'était pas tout d'écrire ce qu'il fallait faire. Il fallait agir. Les écrits et les beaux discours ne sont que du vent, de belles paroles.

Quand je relevai les yeux sur le jardin, une jeune femme d'une vingtaine d'année passait devant moi, à quelques mètres à peine. Je n'aurais su en dire la cause, mais elle m'intriguait. Peut-être parce qu'elle était seule, contrairement à la plupart des personnes qui j'avais vu défiler sur le petit chemin rocailleux depuis plusieurs minutes ? Elle était vêtue d'une longue robe bleu en tissu fin, témoignant de sa richesse certaine, et avait de longs cheveux blonds. J'aurais du me lever, me remettre au travail en allant chercher de quoi me nourrir les jours qui viendraient, visiter quelques amis et prendre de leur nouvelles, travailler pour gagner quelques sous de plus, bien que je n'en ait nulle utilité. Pourtant, je restai là à regarder la jeune fille. Je ne voulais pas l'aborder, je n'avais pas à le faire, bien que l'ennui commençait à m'envahir. Puis, l'occasion se présenta. Une lettre s'échappa d'un pli de sa robe et elle ne sembla pas le remarquer. Je me levai et regrettai instantanément de n'être pas restée à ma place tranquillement à me reposer. Mais c'était trop tard pour reculer. Je ramassai le petit bout de papier sans y faire vraiment attention. Puis, je rattrapai la jeune fille, prenant garde à ne pas me prendre les pieds dans ma robe, tout en criant :

"Mademoiselle, mademoiselle ! ..."

Quand elle se retourna, je levai la lettre et dis simplement :

"Vous avez perdu ça"

Je ne savais qu'ajouter, de peur qu'elle pense que je l'avais volée. Alors, tranquillement, j'attendis sa réaction.
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Mar 1 Juil - 9:34

Je me promenais tranquillement dans le jardin des Tuileries, essayant désespérément d'oublier cette déclaration d'amour anonyme qui me torturait l'esprit. Une lettre n'était sûrement pas la façon à laquelle je me fierais pour trouver l'amour de ma vie. Je marchais tête baissée quand une voix douce et charmante vint m'extirper de mes angoisses. Je me retournai pour faire face à mon interlocutrice. C'était une très jolie femme, sûrement pas de la cour mais très belle.

- Vous avez perdu ça

Très confuse, je regardai le petit papier et pris quelques secondes pour reprendre mes esprits. Ne voulant pas me brusquer, elle se tut. Je remarquai qu'elle attendait que je prenne le bout de papier. Je le pris et embarrassée, j'engageai la conversation car depuis un moment, un homme m'observait de derrière la fontaine. De peur qu'il ne me suive encore, je m'assis à côté de la femme et commençai à lui parler.

- Bonjour, puis-je m'asseoir ?

Elle se décala vers la gauche pour me laisser prendre place. Je m'assis  et la remerciai par un grand sourire.

- Commençons par le commencement! Je m'appelle Faustine et vous comment vous appelez-vous?

Hésitante, elle me répondit.
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Mar 1 Juil - 10:02

Après plusieurs secondes d'hésitation, l'inconnue reprit le papier que je lui tendais. Elle n'avait pas l'air très sûre d'elle et semblait ignorer où elle se trouvait, certainement du à des réflexions trop intenses. Je me rassis et je fus quelque peu surprise lorsqu'elle me demanda l'autorisation de s'asseoir à mes côtés. Quelle question ? Si j'avais été un gentilhomme (enfin ... façon de parler), je ne me serais même pas assise à côté d'elle, je me serais pliée en quatre et je lui aurais du le plus grand respect. Mais je ne comptais absolument pas me prosterner devant cette jeune femme. De plus, elle semblait presque sympathique pour une noble. Elle m'appris qu'elle se nommait Faustine, mais elle semblait préférer garder son nom secret puisqu'elle ne m'en fit part. Je lui souris amicalement, bien que je n'eus aucune envie d'engager une discussion avec elle. Cependant, je pris la peine de répondre :

- Enchantée, je me nomme Théroigne de Méricourt. Mais dites-moi, pourquoi donc vous promenez-vous en ces lieux, seule et sans but précis apparent ?

Je la regardais avec insistance, et me perdit dans mes pensées avec une seule chose en tête : qu'y avait-il sur ce papier ? J'aurais tellement voulu lui demander. Cependant, ce ne semblait être sa première occupation puisqu'elle semblait tendue, en alerte. Je fronçai les sourcils. Que fuyait-elle ? Avait-elle peur de moi ? Je n'étais pourtant pas si agressive et il ne me semblait pas que je fasse peur. Peu importait, j'aurais bien aimé en apprendre d'avantage sur la jeune fille envers qui ma répulsion s'atténuait peu à peu. Et bientôt, ce fut un sourire sincère qui s'afficha sur mon visage.
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Mar 1 Juil - 11:04

Ma préoccupation ne concernait plus que cet homme de tel que je n'écoutais plus ce que cette femme me disait... Cette femme s'appelant Théroigne d'après ce que j'avais entendu. Le regard de l'homme fixé sur moi me rendais mal alaise, tellement que j'eu l'envie de partir en courant mais parlant avec Théroigne, je ne pus prendre la fuite. Pour effacer mon angoisse, je me retournai vers la jeune femme et me replongeai dans son récit. Son regard tourné vers moi, elle semblait attendre une réponse... Mais à quelle question???

- Je vous prie de m'excuser, j'étais perdu dans mes pensées et par ce fait, je n'ai pas entendu votre question.

Alors, embarrassée, je lui demandai de répéter mais la question n'était pas celle que j'attendais. Mais je ne voulais pas lui dire, ma vie ne la concernait pas! Mais par politesse, je lui répondis d'une manière très vague espérant, en retour, la fin de la discussion.

- Je me promène afin d'enlever de ma tête une nouvelle fort déplaisante. Versailles m'agasse, je ne m'y plait plus alors je me suis dit que je pourrais prendre un bol d'air frais à Paris dans un magnifique jardin et me voici avec vous.

Espérant plus, la jeune femme se résigna mais voulant des explications supplémentaire et ne voyant pas mon envie d'arrêter la conversation, elle me posa d'autres questions en espérant avoir la réponse qu'elle attendait. Mais que veut-elle savoir de moi?!? Je ne suis pas intéressante! Je ne veux pas lui répondre mais je ne peux pas partir et la laisser là... J'optai pour la deuxième solution. L'homme essayait de ne pas se faire remarquer car, en effet, il se cachait derrière un journal. Mais je savais qu'il allait cesser de lire quand je me lèverais. Je me tournai vers Théroigne toujours aussi impatiente de savoir ma réponse. Le soleil était bientôt au zénith, ce qui signifiait que je devais partir pour me rendre à Versailles. Mais je n'avais aucune envie de me lever car l'homme venait de poser son journal et savait mes intentions. Cet homme ne me donnait aucune envie d'arrêter cette discussion mais cette question si embarrassante signifiait que je ne pouvais rester sur ce banc. J'étais partagée, d'un côté, rencontrer un homme dont je ne connais pas ses intentions et de l'autre, rester sur un banc en discutant mais dévoilant ma vie à une personne dont la seule chose que je connaissais d'elle est son prénom et son nom. Si on compte bien cela fait 2 mais ce n'est pas une raison, je ne connais pas ses intentions à elle non plus. Théroigne commençait à vraiment s'impatienter. Je décidai de vite prendre une décision, de toute façon, ce ne sera qu'un désavantage pour moi. Mais pourquoi suis-je venu à Paris?!? Mais cette situation n'est que de la faute de cette lettre!

- Je suis désolée, mais il est presque midi car le soleil est au zénith, je vais devoir retourner à Versailles mais... Quel jour sommes-nous??? Ah, oui... jeudi. Je pourrais revenir demain... Si vous souhaitez qu'on se connaisse, on pourra approfondir nos connaissances demain. Mais vendredi, ce sera à votre tour de parler de vous car je veux vous connaître.

J'étais fière de moi car je réussis à stopper la conversation, Théroigne est peut-être vexé mais je ne sais pas qui elle est. Mais je ne suis venue près d'elle que parce que cet individu me regardait. Quand je pense à ça, je ne suis pas fière de moi car elle s'intéresse à moi mais je n'ai fait que l'utiliser pour me protéger... Je me levai et saluai Théroigne, je vis l'homme se lever et j'accélérai le pas mais de peur de me prendre les pieds dans ma robe je ralentis vite. Je réussis à rejoindre un fiacre avant que l'homme ne puisse m'interpeler. La joie m'envahit car j'ai réussie à m'en sortir! mais que voulait cet homme???
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Mer 2 Juil - 2:00

Visiblement, la jeune femme ne souhaitait nullement parler des préoccupations qui l'avaient poussées à venir à Paris. Ainsi, pour passer le temps, je tentai de lui faire cracher le morceau en l'assaillant de questions. Mais je continuais de remarquer son angoisse évidente sans pour autant en connaître la cause. Puis je compris enfin, en suivant son regard. Je me retournai discrètement pour voir ce que Faustine regardait et mon regard se posa sur un homme, essayant de se cacher derrière un des ces journaux que l'on pouvait trouver partout. C'était donc lui qui inquiétait donc la jeune femme. Je reportai mon attention sur mon interlocutrice et je ne fus nullement surprise lorsqu'elle s'excusa de me fausser compagnie. Je ne réagis pas et me contentai de hochai la tête pour lui faire savoir que je comprenais son choix. En revanche, je ne pus masquer ma surprise lorsqu'elle me proposa de la rencontrer à nouveau les jours suivants, au même endroit et à la même heure. A sa place, je n'aurais jamais commis une telle folie ! Après tout, elle ne me connaissait pas, et moi non plus. A ce moment, je pris la ferme décision de ne pas venir au rendez-vous les jours suivants. Si elle se sentait aussi seule, elle n'avait qu'à se faire des connaissances parmi les personnes de son rang. Je la saluai lorsqu'elle s'éloigna et je la regardai monter dans un fiacre. Néanmoins, du coin de l’œil, je surveillais le jeune homme qui l'observais durant notre entretien. Je me levai à mon tour et me dirigeai vers l'inconnu, cherchant un prétexte correct pour l'aborder. Il suivait Faustine et je le pris à l'épaule pour le stopper.

- Excusez-moi mon brave. Connaissez-vous cette dame ? Elle m'a demandé de la rejoindre dans ses appartements mais elle malencontreusement oublié de me soumettre son adresse. Je suis très confuse, je ne connais même pas son nom.

Je souris et tentai de prendre un air sincèrement confus. L'homme me regarda enfin en face et je pus le décrire aisément. Il était de la noblesse à première vue, à en juger par ses vêtements luxueux et sa perruque. Mais rien d'autre ne pouvait me permettre de l'identifier comme un ami de la jeune femme. L'inconnu me regarda de haut, mais comprenant vite mon petit jeu, il se retourna en lançant "Débrouillez-vous et foutez-moi la paix !", après quoi il s'éloigna à grandes enjambées.

Je rentrai chez moi tout en réfléchissant aux derniers événements et mon imagination prit peu à peu le pas sur la logique. Une affaire de dettes ? Une lettre compromettante ? Cette affaire me torturait l'esprit jusque dans mon sommeil. Le lendemain, je revins sur ma décision et décidai de revenir aux jardins des Tuileries, avide de connaître le fond de cette histoire.
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Mer 16 Juil - 3:54

Fière d'être dans un fiacre, je tournai la tête pour voir l'homme sur le quai, mais à ma grande surprise, il était en train de discuter avec Théroigne. Je me retournai pour apercevoir la route en face de moi, cette image, dans ma tête me torturait. Pourquoi Théroigne a t-elle abordé cet homme? Ce connaissaient-ils? Un complot? Toutes ces hypothèses s'exposant à moi me terrorisaient. J'essayai de trouver une autre préoccupation en observant le paysage et quand j'arrivai enfin à m'extirper de la tête l'idée d'un complot, quand l'homme m’interpella en me disant que j'étais arrivée. Je sorti du fiacre en donnant une pièce à cet homme. Arrivée à Versailles, l'envie de retourner au château ne me réjouissait pas, mais aucun moyen d'échapper à ce dîner qui, sans doute, va être un supplice. J'arrivai dans la salle destinée à manger, Mélina, la gouvernante, m'attendait mais le comte manquait à l'appel. Mélina me prévint que nous n'allions pas attendre le comte car il avait un rendez-vous, soit-disant, important, mais connaissant le comte, il était encore à un de ses rencard, qui pour moi, ne servait à rien tant que l'âme sœur ne se présentait pas à moi. Mais ce n'était pas l'avis du comte. Et ce fut sur ces paroles que je commencai à manger le succulent repas que Mélina m'avait très gentillement préparé. Une fois le repas terminé, je remerciai la gouvernante et m'en allai pour une destination que je n'avais pas encore déterminée. Le seul endroit où je ne voulais pas me rendre était à Versailles. Je savais où j'allais aller, au jardin des Tuileries, c'est-à-dire le seul endroit ou je peux me reposer, en étant loin des problèmes à Versailles. J'empruntai un fiacre, demandai à l'homme de me conduire au jardin des tuileries. Perdue dans mes pensées, je ne remarquai pas que la route empruntée par l'homme n'était pas celle m'amenant au jardin des tuileries. Il stoppa le fiacre et m'annonça que nous étions arrivés. L'homme m'ouvrit la portière et me pria de le suivre dans un café, le Procope il me semble. Enfin assis, je découvris que cet homme est la personne qui m'avait observé ce matin au jardin des tuileries. Je ne voulais pas quitter le café car si cet homme a été jusqu'à emprunter un fiacre pour me parler, c'est que la conversation doit être importante, alors je restai assise en attendant que l'homme commence la conversation.

-Bonjour, je suis navré d'avoir employé cette technique pour vous aborder, malgré ma tentative d'approche ce matin au jardin des tuileries.

- Alors quelle est cette nouvelle si importante pour que vous vous fassiez passer pour un cocher???

- Tout d'abord, je m'appelle Grégoire de Bourgogne...

- Attendez... Vous êtes Grégoire de Bourgogne?Le destinateur de la lettre d'amour?

- Euh... Oui.. C'était à propos de ça, je voulais savoir votre réponse.

- Quoi??? Maintenant, tout de suite??? Mais vous avez envoyer cette lettre hier! Je n'ai pas encore bien réfléchi! Mais je ne suis pas sur d'avoir trouver l'âme sœur.. Je suis désolée mais il me faut encore du temps et je ne vous connais pas assez pour savoir si vous êtes fait pour moi et si je suis faite pour vous car mon caractère est très spécial et pas forcément agréable. Si vous êtes l'homme de ma vie, mon caractère atypique ne vous dérangera pas. Bref, je suis désolée mais je ne peux pas vous donner la réponse maintenant. Mais on pourrait peut-être se revoir? Peut-être au jardin des tuileries sur le banc en face de la fontaine en forme d'arbre?

- Bien sur, avec plaisir! Demain, vers 14 heure?

- Oui, parfait. Alors à demain.

Et c'est ainsi que je quittai le Procope.


Dernière édition par Faustine d'Anelay le Ven 23 Jan - 8:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Mer 16 Juil - 4:58

L'après-midi semblait bien longue et le soleil printanier me poussait à ne pas rester cloîtrée chez moi. J'aurais très bien pu retourner au jardin des Tuileries dans l'espoir de faire une autre connaissance, mais mon ventre ne sembla pas de cet avis puisqu'il grogna au moment où je devais choisir cette destination. Je voulais sortir, ne pas rester dans cet endroit miteux qui me servait à la fois de bureau et de logis. Aussi, je pris la décision de sortir de ma grotte pour prendre un verre au Procope. Je savais que plusieurs révolutionnaires ou philosophes en tout genre s'y réunissaient souvent pour débattre de leurs idées. D'un pas décidé, je me rendis donc dans la rue de l'ancienne comédie, avec une certaine difficulté étant donnée que les rues étaient bondées de monde. Mais après plusieurs longues minutes de marche, j'aperçus enfin mon objectif. J'y entrai et un bref coup d’œil à la salle m'informa qu'aucun visage connu ne se trouvait dans le café pour le moment. Je décidai de m'installer à l'étage pour y prendre un repas bon marché, mais ayant la capacité de me remplir l'estomac. Très vite, je m'insérai dans une conversation entre plusieurs élus aux Etats Généraux (à ce que j'avais compris) qui mettaient en commun les demandes de leur cahier de doléances respectif, ainsi que les réformes qu'il serait judicieux de proposer au souverain. Heureusement, ma présence et mon incrustation dans la discussion ne sembla pas les déranger. Du moins, ils ne me le firent pas remarquer, aussi courtois soient-ils. J'achevai mon repas et obtins même un ou deux verres de vin gratuits, généreusement payés par l'un des jeunes hommes. Il fallait croire qu'appartenir au sexe faible avait des avantages ! Quand les députés me faussèrent compagnie, je descendis à leur suite pour payer la note et en profitai pour observer les clients présents au rez-de-chaussée. A ce moment, je remarquai une fraîche connaissance assise dans un coin de la pièce, en tête à tête avec un jeune homme : Faustine d'Anelay. Son interlocuteur devait certainement être ce mystérieux espion qui nous avait observé durant toute la durée de notre conversation au jardin des Tuileries, à en juger par sa stature et son habit. Je n'y prêtai guère plus attention et quittai le café sans m'attarder d'avantage. Néanmoins, lorsque je passai à côté d'eux (sans qu'ils m'aient remarqué visiblement), je surpris une partie de leur conversation. "Demain, vers 14 heure?". Un rendez-vous ? Comme c'était intéressant. La jeune fille m'avait assuré que je pourrais lui poser toutes les questions qui me passaient par l'esprit le lendemain, et je ne manquerais pas de faire allusion à cet inconnu, un amant peut-être ? Du moins, un soupirant. J'arrivai dans la rue un sourire narquois aux lèvres et quittai rapidement la rue de l'ancienne comédie. Le reste de l'après-midi se passa sans encombre et fut relativement calme. Je pris le temps d'écrire quelques essais et quand le soir fut venu, je quittai de nouveau ma maison pour acheter de quoi souper.

Le lendemain, je me rendis comme prévu au jardin des Tuileries sur le coup de 11h. J'avais passé le début de la matinée à parcourir diverses échoppes et commerces afin de me constituer une certaine réserve de nourriture, car il était hors de question que je sorte chaque soir pour manger. Je m'assis sur le même banc que la veille et attendis l'arrivée de ma compagne, tout en gardant mes questions en tête.
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Dim 14 Déc - 4:15

J'attendais sur le devant de la porte en attendant qu'un fiacre passe afin de rentrer chez moi. Après un long moment, je regardai ma montre à gousset. Il était très tard et toujours pas de fiacre en vue, je décidai de marcher afin de gagner du temps et d'aller sur une place où il serait fort possible de croiser un fiacre. Sur le chemin, je repensai à la discussion avec Grégoire. Pourquoi voulait-il cette réponse? Je me doute qu'il voulait la connaître mais cette question si brutale. Soudain, j'aperçut un fiacre au bout de la ruelle. Je commençai à courir afin de ne pas en attendre un autre. Pendant ma course, je perdis ma chaussure alors je m'arrêtai pour la ramasser et la remettre à mon pied. En une fraction de seconde, je me retrouvai dans le noir complet. Sans que je puisses faire un geste, on me balança dans je ne sais quoi. Quelqu'un arracha le sac que je tenais fermement dans ma main. Prise de panique, je m'évanouis. Quand je me réveillai je me trouvais dans une pièce très peu éclairée. Malgré le noir, je réussis à percevoir une silhouette. Celle-ci se rapprochait alors je regardai autre part pour ne pas paniquer de plus belle. Sur ma droite se trouvait un homme très sérieux et très fort. Prise de peur, je regardai sur ma gauche pour me rassurer. Sur ma gauche, se trouvai une femme qui m'avait l'air très sympathique. Quand elle me vit, elle m'adressa un sourire en coin auquel je répondis de la même façon. Lorsque je voulus tourner la tête pour refaire face à la silhouette, je fus surprise par cette homme qui se tenait devant moi. J'analysai très vite son physique afin de le dénoncer. Enfin, si je m'en sort vivante. Cette pensée me traversa l'esprit et j'eu un terrible frisson. Ses yeux noir me fixaient. Je ne pouvais malheureusement pas voir son visage à cause des lumières très faibles. Confiante, je lançai la conversation par une question à laquelle il se doutait vu sa petite mou
- Que me voulez-vous?
Il laissa entendre un petit rire qui m'a semblé très nerveux.
- Ce que vous faites-là? Et bien personne ne vous l'a dit?
- Non, pourquoi? Que se passe-t-il?
Il me jeta un regard méfiant.
- Mais de quoi voulez-vous parler?
Il me fixa longtemps et après un long moment, il alla derrière moi. Apeurée, je criai que je ne savais rien et qu'il ne fallait pas me tuer, que je n'y étais pour rien et que je ne savais pas de quoi il parlait. Je me mis à pleurer. Ce que je ne savais pas c'est qu'il allait couper les liens qui m'attachaient les mains. Il se replaça devant moi.
- Très bien... Nous vous avons observé de long moment moi et mes hommes, ainsi que Maya
Il jeta un coup d'œil accompagné d'un sourire à la jeune femme qui se trouvait sur ma gauche.
- Quoi? Mais pourquoi m'avez-vous surveillé?
- J'y arrive. Nous vous observions parce que vous trainez avec une certaine Théroigne. Vous la connaissez je suppose?
- Oui en effet mais je ne vois pas où vous voulez en venir. Théroigne est une fille très sympathique
Il me regarda bouche-bée. Sur ce je regardai les personnes de part et d'autre de moi. Ils faisaient tous la même tête.
- Mais que se passe-t-il? Cela a-t-il un rapport avec Théroigne?
L'homme en face de moi reprit ses esprits et continua
- Oui, Théroigne veut vous faire croire qu'elle est sympathique et apparemment elle a réussi.
- Mais je ne comprends pas. Que reprochez-vous à Théroigne???
- Ce que nous lui reprochons? C'est...
Il s'arrêta un moment, regarda les autres, déglutit et me dit

- Théroigne fait partie d'une agence d'agents secrets et elle cherche à vous dérober tout votre or
Sur ces quelques mots, je restai bouche-bée.
- Ce n'est pas possible! Vous vous trompez de Théroigne! Enfin de personne!
- Malheureusement non...
- Théroigne n'est pas comme cela! Théroigne n'est pas une voleuse et encore moins une menteuse!
- Je vous conjure, croyez-moi. D'après ce que j'ai entendu, vous avez un rendez-vous dans le jardin des Tuileries demain à onze heures.
- Mais vous n'avez cessé de me suivre!?
- Là n'est pas la question. Nous vous avons suivi car vous étiez la femme qu'il nous fallait.
- Pour quoi faire?
- Pour lui soutirer des informations
- Des informations à quel sujet?
- Sur son agence. Demain à 11 heures, vous irez lui poser des questions qui touchent à son travail et vous nous les remettrez
- Et si je ne le fais pas?
- Croyez-moi vous devez le faire, Théroigne est très dangereuse!
- D'accord je le ferai mais où vous retrouvez?
- Ici même à la vieille usine de papier, quand vous voulez, nous restons ici tout le temps

- D'accord pas de problème. Aucune autre chose à me demander?
- Non je vous remercie de coopérer
Il alluma les lumières et ouvrit la porte. Je sortis et lui dis très gentiment au revoir.
Je pris un fiacre et rentrai chez moi. Le lendemain matin, je me rendis au Jardin des Tuileries et m'assis sur le banc sur lequel nous avions rendez-vous. Il était 10h55, je me remémorai ce que l'homme m'avais dis, il ne fallait surtout pas que je panique. Soudain derrière une fontaine, je vis Maya. D'abord je me demandai ce qu'elle faisait là mais je me dis qu'elle devait m'observer et que ce n'était pas un problème. Après quelques minutes de réflexion, je vis Théroigne arriver et venir s'asseoir à coté de moi.
- Alors comment allez-vous?
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Dim 14 Déc - 4:48

Je n'eus pas longtemps à attendre la venue de ma compagne de la veille. J'avoue que j'avais souvent doutée qu'elle reviendrait en ce jour, mais visiblement, c'était une femme de parole. Parfait ! Je ne perdrais pas mon temps en vain. Elle était souriante et je me sentis donc obligée de lui sourire également. Elle semblait presque tendue, d'autant plus que sa voix était hésitante. Faisais-je donc si peur ? Peu m'importait, j'aurais été si peu sûre qu'elle si j'étais épiée par un inconnu. En parlant, d'inconnu, il faudrait que je lui en touche un mot.

- Bien le bonjour ! Tout va pour le mieux. Et vous, avez-vous découvert qui était donc cet homme qui nous surveillait la veille ?

Je me retiens de lui faire part de ma visite au Procope et du fait que je les avais vu converser. La raison ? J'aurais souhaité en savoir plus sur leur discussion et savoir ainsi à qui elle (ou nous ?) avions affaire. Je la regardai quelques instants avant de détourner les yeux. Je me demandais encore si j'allais me rendre à l'improviste à ce mystérieux rendez-vous de 14h le jour même. Ce n'était certes pas très poli mais la curiosité me rongeait. Mon aptitude dépendrait de la réponse à la question. Je continuai en insistant :

- Pardonnez ma curiosité mais j'avais peut de ne pas vous voir ici aujourd'hui. J'avais peur qu'il vous soit arrivé malheur et ... Je ne devrais pas me mêler de vos affaires.

Bien que mes paroles disaient le contraire, je voulais vraiment savoir qui était cet homme (il fallait dire que ma tentative pour découvrir la relation entre les deux jeunes gens avait été un cuisant échec). Au moins, la discussion ne risquait pas d'être banale !
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Dim 14 Déc - 23:06

Elle me renvoya le bonjour et me demanda si je savais l'identité de l'homme qui nous surveillait. J'hésitai un moment avant de répondre car je ne voulais pas que l'on parle de moi mais bien de l'agence de Théroigne.
- Euh... Et bien, pas vraiment. Je lui ai juste parlé mais rien de plus
Perplexe, Théroigne me regarda. Elle savait que j'avais longtemps parlé avec Grégoire. Je l'avais entraperçu au Procope, elle nous espionnait. Raison de plus de croire que c'est une agent secrète. Soudain, elle me dit de la pardonner de sa curiosité. Je pensai " Ah bon, alors vous voulez bien que l'on parle de vous". Mais je ne pouvais dire cela car ces paroles n'étaient pas corrects. Je cherchai désespérément quelques mots à lui dire. Je regardai Maya qui m'incita d'un geste de la main à continuer la conversation. Elle insista pour que je dises quelque chose. Sans réfléchir je dis:
- Et bien, c'est une personne haute placée et cela ne vous regarde pas sans vouloir vous vexer
Je ne savais que dire mais je suis certaine que j'ai blessé Théroigne. Celle-ci se résigna et ne dit plus un mot. Alors, j'engageai la conversation pour qu'elle nous parle d'elle.
- Et vous qu'avez-vous fait hier après notre conversation?
Je regardai Maya qui me jeta un sourire en coin que j'appréciais vraiment beaucoup. Je me tournai vers Théroigne qui se redressa et qui me parla. Je ne pouvais penser à autre chose que sa profession. Pourquoi elle ? Depuis quand fait-elle cela ? Toutes ces questions m'assaillaient. Je ne faisais même plus attention à ce qu'elle me disait. Je me tournai vers Maya qui montra son oreille du doigt. Je me tournai vite vers Théroigne qui devait se douter que mes pensées vagabondaient. Je venais de rater une bonne partie de son histoire mais rien de bien grave.
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Lun 15 Déc - 0:05

Comment ne pas comprendre que la jeune fille ne souhaitait nullement parler du garçon qu'elle avait rencontré la veille ? Cependant, son ton froid et agressif m'avait blessé et je commençais à regretter d'être venue ici alors que j'avais tant de choses à faire (pas vraiment, mais il a toujours mieux à faire). Cependant, je remarquai tout de même son inattention et ne pus m'empêcher de regarder le point qu'elle fixait depuis tout à l'heure. Il y avait beaucoup de monde dans le jardin et je ne savais pas qui elle observait ainsi, comme si ses moindres faits et gestes étaient épiés. Cependant, il me sembla voire une femme immobile et qui détourna le regard lorsque le mien se posa sur elle. Tout cela commençait à m'inquiéter et je n'aurais su dire si la personne là-bas l'observait moi ou elle. Quoi qu'il en soit, cette situation ne me disait rien qui vaille. Je continuai tout de même à parler, même si je voyais très bien que mon interlocutrice n'écoutait que discrètement mes paroles :

- Je me suis rendue dans un café non loin de là pour rencontrer quelques amis, après quoi je suis rentrée chez moi, rien de bien intéressant.

Je ne voulais pas préciser que j'étais allée au Procope, dans le même café qu'elle donc. Tout ça aurait pu sembler louche bien que ce ne fut que le fruit du hasard. Cette situation me mettait mal à l'aise, et je voulais absolument en savoir plus sur la personne(à moins qu'il ne soit plusieurs) qui nous observaient.

- Souhaitez-vous que nous nous rendions dans un café ? Ce serait peut-être plus convivial ! Je vous offre un verre !

Je souriai en me levant du banc. Il fallait dire que le temps n'était pas digne des étés italiens. En effet, bien que le temps fut doux, une nuée de nuages couvraient désespérément le soleil. Je regardais Faustine avec insistance et espérais pouvoir la convaincre d'aller dans un endroit fermé, à l'abri des yeux et oreilles malveillantes. Je ne savais pas que je pouvais être paranoïaque ! Mais cette situation me mettait mal à l'aise et je commençais à me demander si rencontrer la jeune aristocrate avait été une bonne chose.
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Mer 17 Déc - 7:59

J'écoutai distraitement Théroigne qui me parlait de café ou je ne sais quelle autre chose. Je lui répondis que j'avais un autre rendez-vous et que je devais rester là. Durant notre conversation, je ne pu passer à coté de son regard rivé vers le banc sur lequel se trouvait Maya. L'aurait elle remarquée ? J'osais espérer que non mais ma réponse s'avérait fausse. Ses pommettes devenaient rouge bordeaux, lequel cependant, était magnifique. Son regard me fuyait mais n'osait pas s'attarder sur Maya qui "lisait" le journal. Tout d'un coup, Théroigne se leva sans que je ne sache pourquoi. Je me levai à mon tour pour saluer la jeune femme ravissante qui venait de faire de même avant s'éclipser. Pendant un instant, je crus qu'elle allait aller se cacher derrière un de ces buissons taillés pour m'observer et connaître l'identité de la personne que je devait attendre. Qui était, en l'occurrence, Grégoire. Je fis une révérence lorsque Théroigne, vêtue d'une robe rouge sang accompagnée d'une touche de bleu couleur encre sur les manches. J'attendis de ne plus la voir pour courir vers Maya mais je me stoppai en pleine lancée car, si mon hypothèse était bonne, Théroigne devrait m'espionner derrière un buisson comme elle a l'habitude de faire puisque sa profession l'y oblige. Enfin, si elle le fait vraiment pour sa société. Alors, pour n'éveiller aucun soupçon, j'allai m'asseoir sur le bord de la fontaine. Dos face à l'eau, je contemplais le ciel qui se couvrait de nuages ressemblant étrangement à des cœurs. Soudain, je fus extirper de mes pensées par un homme qui me bouscula dans l'eau. Mouillée de la tête aux pieds, je me relevai afin de voir le responsable mais je fus replonger une seconde fois dans l'eau glacée qu'était celle de la fontaine. Je me relevai une seconde fois, je vis une robe rouge qui ressemblait étrangement à celle de Théroigne. Elle venait de se faire voler son sac! Mais, ultérieurement, une deuxième personne, cette fois-ci une fille âgée d'une dizaine d'années. Mais alors, Théroigne n'est pas la victime mais la voleuse. L'idée que Théroigne était une voleuse me paraissait, heure après heure, minute après minute, plus plausible qu'avant. Je ne pu voir le visage de "Théroigne", donc je ne su dire si c'était bien elle. Pourquoi faire cela ? Bref, mouillée je ne su que faire car dans moins de deux heures, je devais rencontrer Grégoire de Bourgogne. Je me dirigée vers le banc sur lequel se trouvait Maya. A ma grande surprise, elle n'était plus là. En avait-elle profitée pour s'en aller ? je décidai de prendre un fiacre afin de rentrer à Versailles. Je ne pu prendre un de ceux-ci car aucun ne voulait d'une femme mouillée qui allait souiller tout leur intérieur. Je du me contenter d'une pauvre charrette.
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Mer 17 Déc - 23:47

Je quittai le jardin en pensant que Faustine me suivait. Aussi, je ne fis pas attention à elle jusqu'à ce que je fusse sorti du jardin des Tuileries. Je me retournai en demandant :

- Alors, où souhaitez-vous al...

Mais visiblement, je parlais dans la vide puisqu'il n'y avait pas la moindre trace de la jeune femme. "Mais que se passe-t-il ?" pensais-je. Quelque chose m'échappait, et il fallait que je découvre de quoi il s'agissait. Je retournai sur mes pas, écartant les passants un peu trop nombreux à mon goût. La foule se fit moins dense à l'entrée du jardin, mais alors que je m'apprêtais à y pénétrer, une femme me bouscula avant de repartir sans même se retourner. A bout de nerfs, je me contentai de crier "Vous ne pouvez pas faire attention ?". Sur le moment, la ressemblance de la tenue de la femme avec la mienne ne me frappa guère et je franchis innocemment le seuil. Une scène singulière s'imposa alors. Je remarquai presque instantanément la jeune aristocrate dans la fontaine, situation qui m'aurait bien fait rire si je n'avais pas été agressé par un des promeneurs :

- Vous n'avez pas honte ? S'en prendre à une enfant !
- Je vous demande pardon ? me contentais-je de dire, perplexe.

Une seconde personne, une femme richement vêtue, m'interpella à son tour :

- Mais rendez-le lui son sac !

Je ne comprenais absolument pas les causes de toutes les insultes que l'on m'adressait, mais il ne fallut guère longtemps pour me rendre compte qu'il ne valait mieux pas traîner ici. Je fis quelques pas en arrière mais un homme, visiblement plus en colère que les autres, me saisit par le bras. Je me dégageai d'un coup sec et pris mes jambes à mon cou avant que mon agresseur n'ait le temps de raffermir sa prise. Heureusement pour moi, on ne me poursuivit pas, mais l'angoisse me fit courir jusqu'à l'entrée de la rue Saint-Honoré. Là, je m'arrêtais afin de reprendre mon souffle, mais également pour faire le point. Le regard perdu dans le vide, j'analysai la situation depuis le début. Quelqu'un devait m'en vouloir, souhaitait ma perte. Mais qui pouvait bien me haïr à un tel point ? La liste était trop longue et je n'avais pas assez de temps, mais la seule personne que je pouvais innocenter était bien Faustine. A moins qu'elle ne joue un rôle dans cette masquerade ? Il fallait bien avouer qu'elle semblait étrange lors de notre entretien, sans parler de sa rencontre avec son admirateur ainsi que la jeune femme que je soupçonnait de nous espionner tout à l'heure. Je me rappelai soudain un détail. Cette femme qui m'avait bousculé, elle portait la même robe que moi ! Quelle idiote j'étais de ne pas l'avoir remarqué plus tôt ! Il fallait impérativement que je découvre l'auteur de toute cette supercherie. Faustine ! Il fallait absolument que je lui parle. Mais si je remettais un pied dans le jardin des Tuileries, je ne donnerais pas cher de ma peau ... Je devais retourner là-bas, mais vêtu de la sorte. Avec un peu de culpabilité, je décidai qu'il fallait me procurer de nouveaux habits. Je repérais vite une dame de condition plus modeste et portant un manteau assez long pour camoufler le rouge de ma robe (en partie du moins). Je m'approchai d'elle et fis en sorte de lui jeter de la boue avec mon pied lorsque celle-ci passa à côté de moi. Par chance, je réussi à toucher son manteau. Elle m'insulte de tous les noms avant que je ne puisse dire la moindre chose. Prenant un air profondément désolé, je dis avec bonne foi :

- Veuillez excuser ma maladresse ! Je tiens à me faire pardonner. Tenez, prenez donc ma veste et laissez-moi la vôtre. Dans un tel état, je doute qu'elle ne vous serve encore à quelque chose ...

N'importe qui aurait refusé la proposition si ma veste n'avait pas été de bonne qualité, ce qui n'échappa pas à ma victime qui accepta l'échange. Je remis ma nouvelle veste poisseuse et fermai les boutons afin qu'on ne puisse plus distinguer la couleur de ma robe, excepté en j'étant un œil à la partie située près de mes pieds, toujours visible. Enfin, je regroupai mes cheveux en un chignon avant de retourner vers le jardin. Je vérifiait tout de même si les poches de mon nouveau manteau ne contenait rien appartenant à son ancienne propriétaire. Je n'étais pas une voleuse tout de même !
Le jardin et les bancs étaient redevenus paisibles, comme ils l'avaient été avant cet incident. Pourtant, il manquait un détail important : Faustine n'était plus là ! Tous mes espoirs d'explication s'évanouir en instant, ce qui me plongea dans un profond découragement. Je ne voyais plus non plus la jeune femme qui nous observait durant notre discussion, et aucun autre signe suspect à portée de vue. Je fis demi tour et failli foncer dans un homme qui voulait passer derrière moi. Je m'excusais mais ne m'attardai plus en ces lieux, je ne tenais pas à ce qu'on l'agressait à nouveau. Pourtant, si j'avais été moins dépitée et sur les nerfs, j'aurais sans doute remarqué ce que cet homme avait glissé sans la poche de ma veste.
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Lun 29 Déc - 7:29

Je montai dans cette maudite charrette qui allait me servir de moyen de transport. Pour ne pas penser au cocher qui n’avait toujours pas démarré sa calèche souillée de boue, à ma robe mouillée, à l’air frais qui me faisait frissonner, je regardai vers la droite afin d’avoir vu sur le Jardin des Tuileries et ses alentours. Je vis Théroigne discuter avec deux femmes qui m’avaient l’air mécontentes, je reposai mon regard sur l’expression du visage de son visage. Son visage était interrogateur, elle n’avait, pour moi, pas compris ce qu’il lui arrivait. A contrecœur, je restai à bord de la charrette délabrée au lieu d’aller voir ce qu’il se passait afin de libérer Théroigne de ces immondes morues qui ne cessaient de l’insulter. Par la suite, Théroigne se dirigea vers une femme et lui salit volontairement son manteau. Pour se faire pardonner, l’agent secret prénommé Théroigne lui tendit son manteau afin de l’échanger avec celui de la femme pour lui dérober des informations contenues dans les poches du manteau de l’innocente dame. Enfin, c’est ma version de l’histoire. Un homme qui marchait dans la rue, vint près de Théroigne et la bouscula volontairement semblablement à ce qu’avait fait celle-ci auparavant. Il s’excusa et continua sa route sans se soucier de la personne qu’il venait de bousculer. Personne, apparemment, sauf moi, ne vu la main de l’homme pénétrer dans la poche du manteau actuel de Théroigne. A ce propos, j’avais totalement oublié de parler de l’agence avec Théroigne, qu’allais-je dire à… A qui d’ailleurs ? Je ne connaissais même pas le prénom de l’homme à l’usine de papier. La charrette venait de démarrer après de longues minutes d’attente. J’arrivai à Versailles, le château se dressait devant moi. J’y entrai doucement afin que Mélina, la gouvernante plus que bavarde, ne m’interpelle et commence à parler avec moi de tout et de rien. Toutes ces choses ne m’intéressaient guère. Je montai pieds nus les escaliers, car, si j’ai le malheur de faire trop de bruit, Mélina va me bondir dessus et m’assaillir de questions auxquelles je n’ai pas envie de répondre. Elle tournera autour de moi comme si j’étais un enfant, comme si je n’étais pas capable d’accomplir ces tâches infantiles. J’enlevai ma robe, me lavai, me rhabillai avec des vêtements propres et me recoiffai afin d’être présentable pour le rendez-vous avec Grégoire. Nous avions fixé celui-ci à 14 heures. Je regardai le pendentif qui avait pour usage de donner l’heure. Il était déjà 13 heures. Je me dépêchai de finir ma toilette et prit quelque chose à manger afin calmer ma faim. Je sortis et aperçus un fiacre qui me semblait mieux entretenu que la charrette que j’avais emprunté il y a une heure de cela. Je me dirigeai vers celui-ci et pris place à l’intérieur, il me mena au Jardin des Tuileries. J’allai m’asseoir sur le banc sur lequel j’avais rendez-vous avec Grégoire. Sa réponse… Qu’allais-je lui dire ? Si celle-ci est « oui »… Non je n’avais pas envie de dire « oui » car je ne le connaissais pas. Voilà un bon prétexte pour ne pas dire « oui » mais je ne voulais pas dire « non » de peur de le vexé. Choix crucial… Il était 13 heures 45, il me restait 15 minutes pour réfléchir à ce que j’allais lui dire. Soudain, sans que je ne la remarque, une silhouette s’approcha de moi. Elle ne ressemblait pas à celle de Grégoire alors j’attendis de voir la personne à qui j’avais affaire. C’était Théroigne ! Que faisait-elle là !? Elle ne devait pas discuter avec moi car il fallait que je voie Grégoire ! Elle me remarqua et vint s’asseoir à côté de moi.
- Bonjour comment allez-vous ?
- Fort bien, merci et vous ?
- Bien, suis navrée de vous chasser mais vous ne pouvez rester ici
- Ah, vous n’êtes pas dans votre état normal aujourd’hui, que se passe-t-il ?
- Rien, juste que j’ai un rendez-vous de la plus haute importance et la personne avec laquelle je dois discuter arrive dans 10 minutes. Alors je vous prierais de vous éclipser. Mais avant, je ne vous connais pas vraiment, que faites-vous dans la vie ?
Je n’eus pas le temps d’entendre la réponse car Grégoire venait d’apparaitre. Je m’excusai encore auprès de Théroigne et la fis partir. Je me recoiffé en vitesse et fis mon plus beau sourire. J’accueilli Grégoire chaleureusement.
- Comment allez-vous ?
- Très bien, merci et vous ?
- Fort bien, merci
- Alors ?
- Votre réponse ? C’est cela que vous attendez ?
- Eh bien oui…
- Pour tout vous dire, pour que ma réponse soit « oui » il faudrait que je vous connaisse d’avantage.
- D’accord, que voulez-vous savoir sur moi ?
- D’abord, comment vous qualifieriez-vous ?
- Je suis plutôt facile-à-vivre, aimable, sympathique, de bonne humeur. Et vous comment vous qualifieriez-vous ?
- Je suis une femme sympathique, joyeuse, combattante, enfin dans le sens où, quand je veux quelque chose, je l’obtiens. Question suivante, avez-vous de la famille ?
- Bien sûr, quelle question !
- Non, oui bien sûr que vous en avez, mais des frères et sœurs peut-être ?
- Oui, une petite sœur.
- Comment se prénomme-t-elle ?
- Maya
- Pardon ? Où travaille-t-elle ?
- Pourquoi voulez-vous savoir cela ?
- Pour rien, je ne sais pas ce que je dis
Après une heure de parlote, je quittai les lieux et lui promis de lui remettre la réponse à sa question rapidement. Je décidai de me rendre à l’usine de papier et durant le voyage, je ne pus m’empêchai de penser à Maya qui était en réalité la sœur de Grégoire. J’arrivai devant le hangar dans lequel se trouvait Maya et son « équipe ». J'entrai dans cette usine délabrée comme la charrette que j'avais empruntée. Il y avait peu d'éclairage, mais je réussis à percevoir la silhouette de... du chef.
- Bonjour
- Bonjour, avez-vous réussi à avoir des informations sur Théroigne?
- Malheureusement non mais je persiste à croire que Théroigne n'est pas méchante et pas une voleuse!!!!
- Il m'en faudra pour demain ou sinon...
- Au sinon quoi, vous me renverrez mais je ne travaille même pas pour vous!!!
- Très juste, mais il m'en faut pour demain
- D'accord, Maya? Avez-vous un frère?
- Oui, il s'appelle Grégoire pourquoi?
- Car je vais peut-être devenir votre belle-soeur...
- Nous ne sommes pas ici pour parler famille
- Très bien je vais m'en aller dans ce cas
Je me retournai et me dirigeai vers la porte mais je m'interrompis un instant et tournai ma tête vers le chef.
- Mais avant que je ne parte, comment vous appelez-vous?
- Jean-Baptiste Dossonville
Sur ce, je quittai la pièce humide et rentrai à Versailles.

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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Mar 30 Déc - 1:56

Je me pressai de rentrer chez moi, marchand d'un pas rapide dans les rues de Paris. Je faisais désormais attention aux personnes que je croisais, comme prise d'une paranoïa que je ne connaissais pas. Je ne savais pas à ce qui se passait et je détestait cette impression d'être prise au piège. Les règles du jeu m'échappaient et ce n'était pas moi qui les avaient fixées. Je pressais toujours le pas, perdue dans mes pensées. J'essayais de comprendre en vain l'implication de Faustine dans toute cette histoire. J'étais persuadée que ce n'était pas sa faute, mais la raison me forçait à croire qu'elle y était pour quelque chose dans cette affaire. Il faudrait que je tire tout ça au clair, mais le lendemain, quand je me serais calmée. Je parviens finalement chez moi, essoufflée par cette course solitaire à travers la capitale. Je fermai la porte derrière moi et repris mes esprits, déposant mon "nouveau" manteau sur le dossier d'une chaise. Je voulus rester chez moi le reste de la matinée, de la journée même ! Mais la curiosité me poussa bientôt à quitter ma demeure sombre qui me semblait désormais trop petite. Ainsi, deux ou trois heures plus tard, je quittais de nouveau la maison afin de me rendre au seul lieu où j'aurais une chance de croiser Faustine : le jardin des Tuileries.

Le chemin était tout sauf court pour me rendre là-bas, mais j'étais plus déterminée que jamais à découvrir la vérité. Elle me cachait des choses et je ne pouvais le supporter. Je portais toujours le manteau que j'avais échangé avec l'autre femme il y avait quelques heures de cela, ayant au préalable pris soin de le nettoyer correctement, au moins les tâches de boue les plus importantes. Quand je fus arrivée là-bas, je regardai sans perdre un instant autour de moi. Par mécanisme, je portât mon regard sur le banc que Faustine et moi occupions lors de nos deux dernières rencontres, mais je n'y vis personne. Je marchai jusqu'au Louvre, cherchant je ne sais quoi dans les allées du jardin, avant de revenir sur mes pas en direction de la place Louis XV. Cette fois, j'aperçus La jeune aristocrate sur le banc. Elle venait probablement d'arriver, mais je ne voulais perdre un instant avant de lui parler. Il faudrait que je sois subtile pour lui extorquer des informations. Je la saluai d'abord avant de lui demander la cause de son agitation de ces derniers jours. Mais visiblement, elle avait rendez-vous avez quelqu'un d'autre et je n'eus l'occasion de lui poser d'avantage de questions. Elle me fit partir rapidement et je n'insistai pas, profitant de l'occasion pour m'éloigner et m'asseoir sur un banc un peu plus loin, derrière la jeune femme et sa connaissance, afin de pouvoir éclaircir cette affaire. Je n'entendais absolument rien d'où j'étais et ne restai donc pas bien longtemps. Cependant, j'avais remarqué que la personne avec qui Faustine conversait était le même homme que celui qui nous observait dans le jardin la veille, puis qui discutait avec la jeune femme au café de Foy.

Je me levai du banc et voulus quitter le jardin, mais un détail me frappa : une femme m'observait, sans tenter de se cacher. Je savais de qui il s'agissait, du moins en partie. Celle qui nous épiait déjà tout à l'heure et que Faustine avait remarqué elle aussi. Je restai quelques secondes immobiles, à la regarder, mais n'osai m'avancer. Malgré les passants qui entraient sans cesse dans mon champ de vision, je remarquai tout de même qu'elle mettait la main dans sa poche, comme si elle m'invitait à le faire également, toujours en me fixant avec insistance. Piquée par la curiosité, je portai ma main droite à la poche du manteau sali que je portais et sentis du bout des doigts un morceau de papier. Surprise, je portai mon regard à ma poche et en sorti un petit bout de feuille plié en quatre. Comment était-ce possible ?! J'avais pourtant pris soin de vérifier que les poches étaient vides avant de quitter la femme à qui je l'avais emprunté. J'ouvris le message et le lus sans plus attendre.
Demain, 16h. Signé Dossonville
Mon incompréhension était totale. Je fis un pas en avant afin de rejoindre la femme qui m'observait et lui poser la question, mais elle avait disparu.
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Mar 30 Déc - 5:19

Dossonville
J'avais hésité un court instant avant de dévoiler mon nom avec un petit sourire en coin. Après tout, à quoi lui servirait ce nom ? Pour le moment, ça ne poserait aucun problème puisque Faustine pensait que j'étais dans le camp des "gentils". J'avais peut-être eu tord de la "menacer" (bien que je n'aurais su terminer ma phrase). Sinon quoi ? De toute manière, nous avions encore besoin d'elle pour la suite et si elle avait l'idée de nous mettre des bâtons dans les roues, les représailles ne tarderaient pas. Pourtant, le plan était assez simple et nous l'avons préparé en à peine un jour. Rien que pour cela, il méritait des louanges.

Tout avait commencé deux jours plus tôt, dans mon café. Je servais ce jour là, seul, mais il fallait dire que les clients se faisaient rares. Heureusement, pour rendre mon après midi moins morose, la fratrie de Bourgogne, que je connaissais bien, entra dans l'échoppe. J'ai longtemps plaisanté avec eux, leur servant quelques verres pendant la discussion. Après tout, parler avec des clients était toujours un bon prétexte pour trinquer avec eux. Je ne me rappelle plus comment la discussion pris cette tournure, mais ils en vinrent à parler d'une jeune femme que le garçon souhaitait épouser. Mais s'il était éperdument de cette jeune aristocrate, qu'il connaissait à peine, sa soeur quant à elle semblait beaucoup moins enchantée que lui à l'idée de cet union. Cependant, aussi timide qu'il soit, jamais il n'avait osé l'aborder. Je lui aurais volontiers donné quelques sélections sur l'art de séduire une demoiselle, mais j'avais une toute autre idée en tête. Heureusement pour moi, Grégoire dû bientôt quitter le café, me laissant seul avec Maya. M'appuyant sur le comptoir, un sourire aux lèvres, je dis sur un ton railleur à la jeune femme :


- Alors comme ça, tu auras bientôt une belle soeur ?
- Ne m'en parle même pas !

Nous nous connaissions depuis longtemps et elle était devenue une amie proche. Je savais que je pouvais lui faire confiance, mais elle me connaissait assez pour savoir où je voulais en venir.

- Tu veux que je m'en occupe ? Je peux faire en sorte que ce mariage n'ait jamais lieu. Tu me connais ...
- Justement ! J'arriverai à la raisonner, et je n'ai pas besoin de ton aide.
- Tu connais ton frère mieux que moi et tu sais pertinemment qu'il est têtu comme une mule. Et imagine que sa bien aimée dise "oui" ? dis-je en souriant, sûr de mon coup.

Elle hésita quelques secondes, soudain prise de doute. Je continuai de négocier afin qu'elle se décide enfin.

- Ton frère ne sera pas mis dans le coup, et je te donne ma parole que ça fonctionnera. Pourquoi prendre de tels risques ?
- Et toi, qu'à tu à y gagner ? demanda-t-elle, soudain soupçonneuse. Tu ne t'attends tout de même pas à ce que je te paye ?
- Bien sûr que non, dis-je presque à contre coeur. Mais tu me connais, je veux simplement me mettre à l'abri.

Sur ce, je levai mon verre et attendis qu'elle trinqua pour sceller notre marché. Elle le conclu et l'opération put commencer. J'eus beaucoup de peine à avoir des informations sur la jeune Faustine. Et à vrai dire, je ne réussis pas à en accumuler des tonnes. Heureusement que Grégoire (qui ne se doutait de rien) l'informa sur sa personne. Maya la suivit quelques jours alors que je peaufinais mon plan. Seule la première partie était risquée. Il fallait dire qu'enlever quelqu'un en plein Paris et pendant la journée n'était pas très recommandé si l'on tenait à la liberté. Le jour même, nous dûmes la garder à l'oeil, Maya et moi, afin d'agir au bon moment. Mais un événement tout à fait banal changea absolument tout ce que j'avais planifié. Si ce petit papier n'était pas tombé de la poche de Faustine, si la jeune femme de l'avait pas ramassé, tout aurait été pour le mieux. Mais l'occasion était trop belle. Je connaissais cette femme pour l'avoir déjà accueillie dans mon café. Elle parlait avec des révolutionnaires et je ne doutais pas une seconde, d'après ce que j'avais entendu à son sujet, qu'elle était une révolutionnaire elle aussi. Je n'en parlai pas à Maya tout de suite, sachant pertinemment qu'elle refuserait que je tente le coup.

Un ami se chargea de "kidnapper" Faustine à sa sortie du café de Foy, après son rendez-vous avez Grégoire (il n'aurait pas fallut qu'il se douta de quelque chose). Quand elle arriva à l'usine à papier, lieu oublié de tous, sa petite comédie me fit presque rire et je dus fournir un gros effort pour ne pas m'esclaffer. La conversation débuta comme prévu, mais la suite fut seulement orchestrée par mes soins. Ce fut moi qui abordai le sujet de Théroigne de Méricourt, où la personne avec qui elle avait conversé pendant presque trente minutes il y avait quelques heures. Maya me regardait, ahurie, de même que mon collègue qui ne comprenait où je voulais en venir. J'hésitai quelques secondes avant de m'embarquer sur un chemin dangereux, regardai Maya avant d'annoncer la sentence : Théroigne serait une espionne. Après cette "révélation", montée de toute pièce, je pris soin à éviter le regard de Maya qui m'aurait volontiers étranglé si Faustine n'avais pas été en face de moi. Pour que mon (nouveau) plan fonctionne, il fallait des aveux de la part de Théroigne, d'où l'idée de l'agence.

Quand l'aristocrate quitta les lieux, je dus encaisser les remontrances de Maya qui se déchaîna littéralement sur moi. Je dus hausser la voix :


- Mais calme-toi ! Fais-moi confiance, j'ai un nouveau plan. Je n'oublie pas notre objectif premier mais je veux aussi penser à mon dû. Alors si tu pouvais arrêter de couiner, peut-être pourrais-je te faire part de ma nouvelle idée ?

La suite se déroula comme prévu, et tout sera parfait si Faustine revenait le lendemain avec des informations sur le travail de la jeune révolutionnaire. L'objectif était resté semblable, mais j'avais juste changé de cible. Et désormais, si je n'avais pas les yeux plus gros que le ventre, je pourrais bien doubler ma mise.
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Jeu 26 Mar - 7:35

Après une bonne nuit de sommeil, j'entrepris d'aller au Jardin des Tuileries afin d'obtenir des informations sur ce Jean-Baptiste Dossonville. Je comptais aller poser mes questions sur cet individu à Théroigne avec laquelle j'avais été très malplaisante la veille dû au rendez-vous avec Grégoire. Je pris un fiacre et me rendis au Jardin des Tuileries, m'installai sur le banc où Théroigne et moi sommes toujours rencontrées. Théroigne ne semblait pas être dans le Jardin et je la comprends, je l'ai violemment repoussée la veille. Guettant l'arrivée de Théroigne du coin de l'œil, je décidai de passer le temps en défroissant ma robe tout en pensant aux questions que j'allais bien pouvoir poser à Théroigne. De toutes manières, elle ne devait surement pas le connaître alors à quoi bon se casser la tête alors que je pourrais fermer mes yeux et me détendre car la nuit précédente n'avait pas été de tout repos. Ce nom... Jean-Baptiste Dossonville... Je n'en avais jamais entendu parler, il devait surement être nouveau à Paris. L'arrivée d'une personne que je connaissais bien m'extirpa de mes pensées. C'était Théroigne. Je me levai en signe de politesse mais la personne que j'attendais tant ne me remarqua pas. Théroigne avait emprunté la deuxième allée alors je me mis à réfléchir afin de trouver un endroit où, comme par hasard, je pourrais croiser le chemin de Théroigne. Je commençai à marcher en direction d'une intersection avec la deuxième allée et après quelques bonnes enjambées, je finis par être à la auteur de Théroigne. Celle-ci avait l'air de penser. A quoi? Je m'approchai de Théroigne qui recula immédiatement.

- Je suis sincèrement désolée de vous avoir fait peur. Je ne voulais pas, je pensais que vous m'aviez aperçue.

Théroigne remise de ses émotions fit signe de la main pour me signaler que ce n'était rien. Rassurée par ce geste, je commençai ma discussion.

Comment allez-vous? Je tenais à m'excuser de un de vous avoir fait peur et de deux, de vous avoir violemment parlé et exclu du banc hier. Toutes mes excuses sont dites, je viens de m'enlever un poids des épaules.

D'un air dubitatif, elle me regarda longuement. Ne voyant aucune réaction de sa part, je continuai ce qui me sembla être un monologue.

- Je vous propose de marcher et d'aller nous asseoir sur notre banc habituel afin que nous parlions.

Je lui emboitai le pas et, comme je l'imaginais, elle me suivis.

- Ne connaitriez-vous pas un jeune homme prénommé Jean-Baptiste Dossonville?

J'écorchai le nom afin qu'elle comprenne bien. Je vis Théroigne troublée, choquée par ce nom. comme je l'avais prédit, aucune réaction de la part de Théroigne se qui signifiait pour moi qu'elle ignorait qui était ce Jean-Baptiste Dossonville. Je me fixai sur mon autre objectif, obtenir des informations sur son métier afin de les donner à Jean-Baptiste Dossonville mais je ne savais pas si j'allais retourner à la vieille imprimerie car je ne connaissais aucune information sur lui. Cela me posais problème, comment faire confiance à quelqu'un sans le connaître... Je pris l'initiative de tout de même soutirer des informations à Théroigne sur son métier.

- Alors, que faites-vous dans la vie?

Elle ne me répondit pas tout de suite, elle semblait réfléchir à sa réponse. Elle me dit finalement qu'elle n'exerçait que des petits boulots quand elle avait l'occasion. Cette réponse me paraissait étrange car on ne pouvait pas uniquement vivre du revenu de petits travaux! Je repensai immédiatement à son agence. Elle me cachait la vérité. voyant qu'elle ne relançait pas la conversation, je continuai malgré moi sur ma lancée. Ne sachant que répondre, je dis tout ce qui me passait par l'esprit.

- Alors, vous ne vivez que des revenus de ces travaux...?


Elle me fixa d'un regard qui signifiait qu'elle voulait que je cesse de parler de cela. Je finis par dire que je devais me retirer, que l'on m'attendait. Elle ne semblait pas si déçue que je parte.

- Au revoir, j'ai été ravie de vous revoir.

Je marchai jusqu'à être hors de la vue de Théroigne. Je rentrai à Versailles pour aller y déjeuner. Après m'être détendue, je repensai que je devais aller voir Jean-Baptiste Dossonville à la vieille imprimerie. Je décidai que j'irai là-bas vers 15h30.J'avais alors 2 heures devant moi avant de partir. Je décidai de dormir un peu car je n'avais nullement bien dormi la nuit dernière.

Je me réveillai vers 14h50, il étend temps que je m'en aille. Juste le temps de me recoiffer, de me remaquiller et j'étais déjà dehors à attendre un fiacre. Celui-ci me déposa devant l'imprimerie. Je poussais la porte grinçante. Je vis une bougie qui éclairait une chaise, je supposai que Jean-Baptiste Dossonville m'attendais et voulais que je m'assois sur cette chaise bien précise. Je m'approchai de celle-ci quand je vis apparaître une ombre juste devant moi.

- Asseyez-vous je vous en prie.

- Non merci cela ira très bien, je préfère rester debout afin que vous ne me preniez pas haut.

Je pris un malin plaisir à répliquer cette phrase qui m'étais venu instantanément. J'en avais assez d'être la gentille dans l'histoire, je veux obtenir des réponses. La sècheresse de ma réponse me parut l'étonner.

- Euh... Très bien... Avez-vous eu des informations sur Théroigne, enfin sur ce qu'elle faisait comme métier?

- Effectivement j'en ai eu... Mais je veux des réponses!

- Des réponses à quoi?

- Aux questions que je vais vous posez! Tout d'abord, pourquoi me protégez-vous d'elle?

- Parce qu'elle est dangereuse!

- Je ne vous ai pas demandé cela!!!! Je vais être plus claire, dites-moi qui vous êtes, pour qui travaillez-vous et que voulez-vous à Théroigne?

- Et bien...

- Immédiatement!!!!

- Arrêtez... Donnez-moi vos informations!

- Non je ne vous les donnerai pas! Je veux des réponses à mes questions et en retour, je vous donnerai les informations que j'ai obtenues!

Nous étions en pleine dispute, je lui criais dessus et lui faisait de même lorsqu'un bruit attira notre attention. Le grincement de la porte. Jean-Baptiste eu le reflexe de regarder sa montre à gousset.

- Foutre, il est déjà 16 heure!

Je me retournai vers la porte et découvris par mon plus grand étonnement Théroigne!
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Mar 7 Avr - 4:08

Je n'avais aucune idée de qui était ce Dossonville ni pourquoi il jouait avec nous comme de vulgaires poupées. Mais je ne comptais pas me laisser faire, pas si facilement du moins. Je connaissais beaucoup de monde sur Paris et j'espérais qu'au moins une de mes connaissances puisse m'en dire davantage sur cet inconnu. Je passai le restant de la matinée à questionner mes amis et je trouvai finalement où il résidait. "Il tient un café sur les quais. Pourquoi tu t'y intéresse donc ? Fais gaffe, c'est pas un gars très fréquentable, faut s'méfier d'lui" m'avait averti un homme. Je m'étais rendu chez l'inconnu plus tard dans l'après-midi, ayant soigneusement préparé mentalement ce que je m'apprêtais à lui dire. Je lui exigerais des explications valables et n'hésiterais pas à le menacer s'il tentais quoi que ce soit.

Je franchis la porte du café où les clients, bien que rares, criaient et rigolaient tant que j'aurais été dans l'incapacité d'entendre la conversation si l'on m'avait parlé. Une femme se tenait derrière le bar, discrète et visiblement désintéressée du reste de l'établissement. Je m'approchai d'elle et lui demandai où je pouvais trouver un certain Dossonville. Elle ne semblait nullement surprise, leva un regard froid vers moi avant de m'inviter à la suivre dans une petite pièce à l'arrière du comptoir. Elle ouvrit la porte sur un salon modeste meublé de deux fauteuils et d'un bureau sur lequel était penché un homme de corpulence moyenne et aux cheveux noirs. Celui-ci releva la tête et sourit en me voyant, se leva et me jeta :


- Mademoiselle de Méricourt ! Je ne m'attendais pas à vous voir de si tôt. Que puis-je faire pour vous ?

D'un geste de la main, il l'invita à entrer et ordonna à la femme, que je supposais être son épouse, de nous laisser seuls. Je me sentais mal à l'aise pour une raison inqualifiable, bien que mon interlocuteur semblait sympathique et accueillant. Cependant, une lueur étrange brillait dans ses yeux et cela ne me disait rien qui vaille. Je répondis sur un ton froid et tranchant, tout en sortant le petit mot de ma poche et lui montrant :

- Vous savez très bien pourquoi je suis ici, pour vous demander des explications. Et allez droit au but, j'ai entendu assez de choses sur vous que pour me méfier.

- Ah ? Et que dit-on sur moi ?

Je ne répondis pas, le fixant pour essayer de deviner ce qu'il avait en tête, alors qu'il saisissait le bout de papier.

- C'est presque une aubaine que vous soyez venue avant notre ... rendez-vous. J'ai à vous parler, effectivement, de Faustine d'Anelay. Il me semble que vous la connaissez, je vous ai vu parler avec elle. (J'acquiesçai, soudain soupçonneuse) Elle vous prend pour une espionne venue d'Angleterre, ce que vous êtes.

- Pardon ?! Je ne suis pas une espionne ! Je ...

- Vous êtes une révolutionnaire ce qui est, pour le moment, bien pire, me répondit-il froidement. Vous semblez ne pas comprendre, alors je vais vous éclairer. Vous avouerez demain que vous êtes une espionne. Vous le ferez en présence de mademoiselle d'Anelay et conviendrez que vous étiez chargé de garder à l'oeil un certain Grégoire de Bourgogne, son fiancé.

- Jamais je ne ferai ça, c'est totalement absurde ! J'avais crié ces paroles et voulus quitter la pièce sur le champs, mais Dossonville m'en empêcha, poursuivant son petit discours.

- Mademoiselle, vous ne pouvez pas refuser. Je connais beaucoup de choses sur vous, des informations qui pourraient vous porter préjudice. Je suis certaine que vous ne voudriez pas retourner à la Bastille parce que je vous aurais dénoncée (vous n'êtes qu'une fugitive après tout). Bien entendu, ce Maximilien de Robespierre vous suivrait et vous anéantiriez par la même occasion la belle carrière d'avocat qu'il envisage, sans parler de son rôle de député. Suis-je clair ?

J'étais sous le choc, je sentis mes jambes trembler et le sang quitter soudainement mon visage. Comment savait-il ? Comment pouvait-il savoir ? Il afficha un sourire satisfait et se dirigea à nouveau vers son bureau. Je ne bougeais pas, livide, consciente que j'étais prise au piège. Si j'avouais le lendemain que j'étais une espionne, Faustine m'enverrait en prison. Mais si je niait, ce serait lui qui m'y enverrait avec ce qu'il savait sur mon compte.

- Que voulez vous ? ... parvins-je finalement à articuler avant de me retourner vers lui. Son sourire s'élargit.

- Que vous signiez un mot disant que Faustine d'Anelay et Grégoire de Bourgogne ont reçu une somme considérable de la part d'un mystérieux donneur. Leur mission était simple : vous faire passer pour une espionne. Si je place ce mot dans les mains de la bonne personne, vous ne serez pas emprisonné et ils auront des problèmes moindres. N'oublions pas qu'ils font partie de la noblesse.

Je fis ce qu'il demandait, à contre coeur. J'avais peur pour le sort de mon amie, et encore plus pour le mien. Il me demanda également de noter une phrase sur un autre bout de papier, le "slogan de la maison" selon lui. Une phrase assez stupide à mon moindre avis : "Buvez de ce whisky que le patron juge fameux". Je quittai la pièce avec sa permission et tandis qu'il me saluait chaleureusement, je lui lançai :

- Vous feriez mieux d'assurer vos arrières. Car vous perdrez bientôt à ce petit jeu à force de vouloir y jouer.

Je cherchai une solution à ce problème de taille le restant de la journée, et le lendemain également. Quand Faustine vint me rejoindre aux Tuileries le lendemain, je n'osai pas lui parler de ce que j'avais du faire pour sauver ma peau. Je ne dis presque rien non plus sur mon travail, dont elle tenait absolument à connaître l'origine. Je lui fis comprendre qu'i ne valait mieux pas qu'elle reste car j'aurais été en mesure de lui sauter à la gorge. J'étais persuadée qu'elle constituait la cause de mes malheurs et je ne lui pardonnerais pas de sitôt. A 16h, je me rendis finalement à l'usine désaffectée et y trouvai Dossonville, à qui je lançai un regard noir, ainsi que Faustine à ses côtés. Ils étaient de mèche alors ? La situation m'échappait totalement ... Mais je ne comptais pas me laisser manipuler aussi facilement.
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MessageSujet: Re: Fille d'un autre monde [PV Faustine]   Lun 1 Juin - 8:34

Comme prévu, Faustine arriva à l'heure convenue et je pris une grande inspiration avant de l'accueillir avec mon sourire habituel, à la fois sérieux et réconfortant. Par simple politesse, je lui proposai la chaise prévue pour elle, qu'elle déclina avec un sens de la réparti impressionnant. Mon sourire s'élargit. Bien joué. Je me demandais si elle avait préparé cette pique ou si la situation lui donnait envie de se révolter, mais cette réplique me fit perdre quelques instants le fil de mes idées. Ainsi, en tentant de retomber sur le texte que j'avais préparé et récité il y avait de cela quelques minutes, je lui demandai ce que Théroigne occupait comme fonction afin de continuer à lui faire croire qu'il s'agissait là de ma seule préoccupation. Mais la petite semblait plus audacieuse que jamais, mais elle apprendrait à ses dépends qu'il ne fallait pas parler comme les adultes lorsqu'on avait aucune idée de la situations dans laquelle elle s'aventurait. Je la laissai faire d'abord, cherchant une excuse convenable. Mais ma patience s'envola au moment même où elle éleva la voix. Mes lèvres ne formaient plus l'ombre d'un sourire et je la regardais avec un regard presque assassin. les dernières heures, et même jours, avaient été des plus éprouvantes et je ne demandais plus que toute cette affaire se termine au plus vite. Un bruit de porte rouillée brisa le silence glacial qui s'était installé dans la pièce, et mon regard se porta sur la nouvelle venue, que j'accueillis avec un air satisfait. Je savais qu'elle viendrait, voyons juste comme elle réagirait.

Je laissai échapper un juron en remarquant l'heure (il fallait dire que je pensais recevoir Théroigne plus tard) et m'interposai entre Faustine et la révolutionnaire pour la "protéger". Je glissai à la jeune femme derrière moi un simple "Laissez-moi faire" avant de poursuivre à voix haute.

- Bonjour Mademoiselle de Méricourt. Sachez que Faustine est sous ma protection et qu'ici, vous ne pourrez lui faire de mal.

Je remarquai le pistolet à sa ceinture presque immédiatement, décochai un regard à deux de mes complices qui s'approchèrent de la révolutionnaire pour se saisir de son arme. Mais alors qu'ils arrivaient à sa hauteur, celle-ci s'agita, sembla vouloir dégainer l'arme à feu et crier une remarque à l'adresse de Faustine. Mais seul ce prénom pu sortir de ses lèvres car les deux hommes se saisirent d'elle et l'un d'eux plaqua sa main contre sa bouche. J'affichais un sourire satisfait : je savais qu'elle ne pourrait pas tenir sa langue, elle est bien trop fière pour cela, avec son "sens de la justice". Je m'approchai presque avec méfiance de la prisonnière qui me fusillait du regard et "sortis de la poche de celle-ci" la lettre de la veille, signée de ses propres mains. Un tour de passe-passe me permis du moins de faire croire à Faustine que le morceau de papier sortait bien de sa poche et non de ma manche. Je fis semblant de la lire, paraître choqué, avant de la tendre à l'intéressée.

- Elle vous a vendu. Un mensonge de la pire espèce, mais assez pour vous faire inculper de corruption. Et en ces temps de trouble, je doute que le roi ne prenne le risque de laisser passer la moindre de fraude.

Théroigne me dévisageait alors que je la regardais avec dégoût pour appuyer mes propos. Puis, lentement, le m'approchai à nouveau d'elle et lui demandai :

- Mais qu'avez-vous à gagner à mentir ainsi ? A qui comptiez vous remettre ce mot ? Pour qui ?

Je me régalais en imaginant la rage de Méricourt en entendant tout cela. Je demandai aux deux hommes de l'emmener dans une autre pièce pour qu'elle évite de "causer plus de tord". Je pris ma tête entre mes mains avant de dire sur un ton exacerbé à la jeune aristocrate :

- Je vous avais dit qu'elle était dangereuse, alors pourquoi vous obstinez-vous à croire que je vous ment ? (je soupirai longuement, conscient que tout allait se jouer maintenant) Peut-être que si vous signez un mot la mettant aux arrêts, peut-être que vous pourrez annuler ce dont elle vous accuse et vous sortirez blanchie de cette histoire. Après tout, la voix d'une dame de la haute société vaut toujours plus que celle d'une trouble-fête.

Je cherchais du papier et de l'encre parmi les affaires éparpillées sur la table, finis par en trouver au bout de longues secondes, puis lui tendit. Je toisais Faustine, tentant de deviner ce à quoi elle pensait. Je continuais d'insister.

- Je comprends que ce soit dure, mais dans cette affaire, c'est elle ou vous. Vous coprenez que nous ne pouvons nous compromettre pour vous. Votre sort est entre vos mains désormais. (Une pause avant de me détourner). Je comprends, prenez votre temps.

Tu temps, certes, mais pas trop quand même ! Je voulais finir cette histoire rapidement, me reposer surtout. J'avais passé la nuit à essayer de falsifier l'écriture de Théroigne. "Buvez de ce whisky que le patron juge fameux", une phrase bien pratique qui comporte chacune des lettres de l'alphabet, la phrase idéale pour connaître les détails de la calligraphie d'une personne. Caché chez moi, dans une cachette et un coffre fort, se trouvait un recueil avec cette unique phrase comme contenu, écrit de dizaines de manières différentes. Quand j'avais besoin de produire un faux, il me suffisait d'ouvrir ce recueil pour qu'un mot d'un tiers personne que j'avais un jour embobiné n'apparaisse et ne me permette de jouer un sale tour. Résultat garanti, je serais toujours innocenté.
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