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 Le calme avant la tempête [PV Gabriel]

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MessageSujet: Le calme avant la tempête [PV Gabriel]   Sam 8 Mar - 5:50

Je venais d'arriver à Paris et la ville était déjà bien en dessous de mes espérances. Quant on avait entendu parler des fastes de Versailles, il était difficile d'imaginer la capitale, pourtant située non loin de la demeure du roi, soit aussi sale et déplorable. Partout, des hommes, des femmes et des enfants mourant de faim et se pressant aux portes des boulangeries. Une chose était sûre, je m'attendais à autre chose pour la capitale de la France. Il m'arrivait même de regretter d'avoir quitté l'Italie. J'avais du mal à m'adapter à ce bruit, cette saleté et cette foule. On voyait tous les jours de petits groupes se former aux quatre coins de la ville, et de la France, pour protester contre la prix du pain et le manque de nourriture. A quoi ces assemblées servaient-elles si elles étaient presque instantanément dissoutes par les gardes ? J'étais venue à Paris pour faire changer les choses. Et si une chose était sûre, c'état bien qu'elles n'allaient pas changer de cette manière ! Sans personne pour diriger les mouvements, ils ne servaient à rien. Et ce n'était pas moi qui allais guider cette bande de paysans jusqu'à la Liberté. J'aurais effectivement mieux fait de rester en Italie ... Paris me désolais et je ne m'y sentais à ma place.

Je me baladais dans les rues, cherchant à échapper à ce bruit incessant qui m'irritait. J'avais besoin de calme et les murs de ma modeste maison ne suffisaient pas à arrêter cette cacophonie. Alors, comme je l'avais découvert dès mon arrivée, je me rendis dans ce qui me semblait le seul lieu capable de cette prouesse : La cathédrale de Notre-Dame. Ainsi donc, je marchai jusqu'à l'île de la cité, au bord de la crise de nerf. J'avais tellement envie de raisonner ces "révolutionnaires" qui faisaient n'importe quoi dans l'espoir que le roi réagisse. Le roi, j'étais persuadée qu'il n'en entend même pas parler de ces révoltes. Alors à quoi bon continuer ? Et tous ces orateurs qui criaient au changement dans les cafés, où étaient-ils ? Pourquoi ne dirigeait-ils pas le peuple ? Après tout, c'était leur problème. Qu'ils continuent ces misérables manœuvres ! Ils le feraient en tout cas sans moi.

Je parvins enfin sur la place devant la cathédrale. Vu sous cette angle, elle semblait encore plus imposante qu'à son habitude. Les nuages de pluie arrivaient  doucement au dessus de cette dernière et du reste de la ville. Le vent se levait et toutes les personnes à proximité se pressaient de rentrer chez eux. Moi, je ne pris pas cette peine et m'engouffrai dans la maison de Dieu par la porte principale. Comme je m'y attendais, le calme régnait dans la nef centrale. Je ne pus m'empêcher de jeter un coup d’œil à la somptueuse rosace à l'autre bout de l'édifice et qui m'éblouissait à chacune de mes venues. Je fis respectueusement le signe de croix pour m'épargner les regards de travers qui m'insupportaient, puis me dirigeai vers la droite. Pas question de m'asseoir sur un de ces bancs et de passer le temps en priant, ou en faisant semblant. Je me rendis donc sous les voûtes, où la cathédrale semblait moins impressionnante, et m'adossai au mur dans un coin. Je regardais les croyants immobiles, mains jointes, qui me rappelaient mes années passées au couvent. D'autres allumaient des cierges et je fus rapidement hypnotisée par la danse des flammes des bougies vacillant au gré du vent qui s'engouffrait dans l'édifice. Je parvins néanmoins à m'en détacher pour porter mon regard sur les vitraux sur lesquels la pluie commençait à frapper. Je regardai avec amusement la foule qui entraient précipitamment dans la cathédrale, avec pour seul prétexte de se protéger du vent et attendre que passe le mauvais temps.

Au bout de quelques minutes, l'ennuie me submergea et la nécessité de trouver un interlocuteur devenait plus que nécessaire. Peu importait son âge, son métier ou autre, il fallait que je parle. Je parcourut donc la foule des yeux. Bien qu'il n'y ait dans la cathédrale qu'une vingtaine de personne, j'eus du mal à porter mon dévolu sur une seule d'entre elle. Je finis par m'avancer vers un homme assez élégant, âgé d'une vingtaine d'années, et qui ne semblait pas prier. J'aurais très bien pu choisir une femme pour interlocutrice, mais les hommes sont bien plus passionnants et ont souvent des conversations plus riches que celle de l'autre sexe. Et à force de fréquenter les hommes, j'avais appris à parler comme eux. Une fois à la hauteur de l'inconnu, je finis par dire, sur un ton presque indifférent :

- Quel temps de chien ! Vous aussi avez trouvé refuge dans la maison du Seigneur ?

Je ne pus m'empêcher cette dernière phrase avec un sourire ironique. J'espérais simplement qu'il allait se prêter au jeu et trouver un sujet de conversation plus intéressant que la pluie et le beau temps. Engager les conversations n'était pas vraiment mon fort, surtout lorsqu'il s'agissait de parler avec un homme que l'on ne connaissait pas. Je regardai le jeune homme, envieuse de poursuivre la discussion en espérant qu'il soit d'humeur bavarde.




[Hors RP : J'ai édité mon sujet parce que je me suis rendue compte que la fin était pas terrible. J'ai quand même engagé la conversation Wink J'espère que ça te convient]
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête [PV Gabriel]   Dim 9 Mar - 1:40


La décadence du pays engluait les rues tandis que j’apposais ma touche personnelle au tableau misérable que formait Paris. Un léger crachin recouvrait l’atmosphère d’un voile humide désagréable et j’errais sans but dans les ruelles de l’île de la Cité. Tout autour de moi, la pauvreté de la ville s’étalait, et je me retenais d’afficher sous mon sourire un zeste de dégoût pour ce monde crasseux et sans aucune volonté propre pour se sortir de sa condition. Je méprisais les mendiants, qui n’avaient pas la force de s’élever par le discours afin de changer les choses… Ce n’était pourtant pas si difficile. Mais j’avais eu mon temps, et désormais je n’étais plus qu’un spectateur atterré devant une comédie décevante.

Malgré la pluie, je continuais d’avancer. Je venais de rencontrer un bourgeois effrayé de ses intérêts qui m’avait demandé mon avis concernant la formulation de sa requête auprès des grands. L’affaire était évidemment mortellement ennuyeuse et j’avais été soulagé de quitter le bonhomme rondelet. Quelle indécence, être gras par les temps qui courraient. C’était son problème si les marauds s’en prenaient à lui. Même moi, de sang noble, je n’avais jamais été chamboulé dans la capitale. Il faut dire qu’on me voyait souvent avec les révolutionnaires et certains devaient à force m’y associer inconsciemment. C’était presque étonnant que je n’ai eu nulle remarque à ce sujet à Versailles. Pour le peu que j’y allais…

Mes pas me menèrent devant la cathédrale et je contemplais sa magnificence d’un air rêveur. La grandeur du passé se tenait devant moi, majestueuse et je la fixais presque indifféremment, un sourire aux lèvres. Cette pensée me rendit presque mélancolique, et plutôt que de rebrousser chemin, je décidai d’entrer dans l’imposant édifice.

Certains étaient assis sur les bancs, au milieu de l’église, et communiaient en silence, priant leur Dieu égoïste de leur apporter quelque bonheur matériel et passager peut-être. Je ne me joignais pas à leurs réclamations silencieuses, et je commençais lentement à faire le tour du bâtiment, les bras dans le dos, et les yeux en l’air, un air presque pensif imprimé sur les traits. Tandis que je déambulais, d’autres personnes rejoignirent la cathédrale, la pluie s’était sans doute faite plus forte.

Je m’arrêtais un instant pour les regarder entrer quand quelqu’un interpella. Surpris, je me tournais vers la voix féminine. Cela était bien rare qu’une femme ose ainsi entamer une conversation avec un inconnu, et ce contournement des conventions me prédisposa à considérer l’inconnue comme sympathique.

- Oh cela fait bien longtemps que je ne m’y réfugie plus…

Elle était incorrecte, je le serai aussi.

- J’avais simplement le désir de retrouver l’âme du passé dans ces vieux murs. Et vous, est-ce seulement la pluie qui vous a poussé à entrer ici ?

Je la détaillais plus ou moins discrètement tout en conversant. C’était à n’en pas douter une femme du peuple, pas pauvre non, mais je voulais dire par là que son visage n’était pas du type de ceux que j’apercevais à la cour, enfarinés à loisir.

- Mais quel goujat suis-je, voilà que j’en oublie les convenances. Mon nom est Gabriel de Sandres, quel est donc le vôtre ?


HRP : Tout me va très bien, j'espère que cela sera de même pour toi avec ce poste.
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête [PV Gabriel]   Dim 9 Mar - 3:56

Quand l'inconnu leva les yeux sur moi, je vis avec amusement son air étonné. Étais-je aussi imprudente que cela pour obtenir une telle réaction ? Peu m'importait. Que pouvait-il bien m'arriver ? Et le fait de nous trouver dans une cathédrale me rendait d'autant plus à l'aise. Et comme je l'espérais, mon intervention ne sembla pas déranger l'inconnu qui me répondit volontiers. Je décochai un sourire en entendant la réponse à ma question. Il semblait être tout aussi cynique que moi, à croire que nous étions fait pour nous entendre. Je ne fis pas attention à son regard sur ma personne, tentant peut-être d'en savoir plus sur moi en m'observant. En revanche, moi, je n'allais pas user de divers subterfuges pour essayer d'en apprendre d'avantage sur lui en jetant un oeil à la tenue soignée qu'il portait, mais plutôt en lui demandant. Après tout, à quoi servirait la parole si ce n'est pour s'en servir ?

- Mais quel goujat suis-je, voilà que j’en oublie les convenances. Mon nom est Gabriel de Sandres, quel est donc le vôtre ?

"Garbiel de Sandre". Je retournai quelques fois ce nom dans mon esprit de sorte à pouvoir le retenir facilement. Il était donc de la noblesse comme son nom en témoignait. Pourtant, je ne m'imaginais pas en croiser un en ces lieux. Moi qui croyais que la plupart siégeaient à Versailles ... Je décidai de me présenter à mon tour, sans savoir vraiment quel nom prendre. En effet, j'avais décidé de prendre le surnom de "Théroigne de Méricourt" en arrivant à Paris, et je comptais bien utiliser cette nouvelle identité temps que je serais ici.

- Enchantée de faire votre connaissance monsieur de Sandres. Je me nomme Théroigne de Méricourt, arrivée il y a quelques jours de cela à Paris. Mes pas m'ont amenés en ces lieux et si le mauvais temps ne me dérange guère, la solitude m'est insupportable. Aussi ai-je porté mon dévolu sur votre personne en espérant ne point vous importuner.

Après réflexion, parler avec un noble français me ferait beaucoup de bien. Autant ai-je fréquenté des membres de la haute société anglaise et italienne, autant je n'ai jamais eu l'occasion de faire la discussion  avec un aristocrate français. Bien sûr, j'aurais préféré avoir cette conversation en un autre lieu. Mais puisque le temps en avait décidé autrement, Notre Dame ferait office de salon. Après tout, l'important n'était-il pas de faire connaissance, peu importait le lieu et les conditions ? Il ne restait plus qu'à parler. Aussi, décidai-je de poser une seconde question au jeune homme :

- Je n'aurais jamais pensé croiser une personne de votre rang en ces lieux. Versailles est-il aussi ennuyant que ce que l'on dit, monsieur ... Comment dois-je vous appeler ? Monsieur le comte, le marquis, le duc ?

Je laissai échapper un petit rire. J'avais envie de m'amuser, même si le lieu ne s'y prêtait pas. D'ailleurs, quelques personnes autour de moi je jetèrent des regards de travers, que j'ignorai. Je soupirai longuement en attendant la réponse de mon interlocuteur.
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête [PV Gabriel]   Jeu 10 Avr - 22:58


Ainsi donc, elle venait tout juste d’arriver dans la capitale ? Quelle merveilleuse nouvelle, dans les yeux des nouveaux arrivants on ne voyait pas encore briller l’ombre de la désillusion et de la lassitude, et il me semblait bien être tombé sur quelque créature éduquée et dont la conversation pouvait être intéressante. Loin de moi toute idée misogyne, mais cela arrivait bien rarement aux membres de la gente féminine de retenir d’abord mon intérêt pour leur esprit, et en cela même, la jeune femme était louable.

- Vous ne m’importunez point, et c’est bien la première fois que je trouve en ce lieu une présence distrayante.

Je ponctuais ma réponse d’un sourire éloquent. « Une présence quelconque » eut été plus correct.
J’avais durant mon enfance et mon jeune âge fréquenté de nombreuses églises, écouté distraitement de nombreux offices, et jamais rien ne m’avait semblé aussi froid et désincarné que les blocs de pierre pâle qui constituaient les demeures de Dieu. J’étais par la suite devenu moins impétueux, et l’opposition farouche et puérile que je prêtais à la religion durant mon adolescence laissa peu à peu place à une indifférence glaciale et méprisante. Je devins impie, irrespectueux par cynisme plus que par volonté de démontrer l’absurdité du dogme. Ma rage s’était estompée pour laisser place à ce vide que je ne parvenais plus à combler, cette absence de sens qui lors de longues insomnies me rendait parfois fou, et me faisait revivre, quelques instants durant, une passion pour la vie que je ne connaissais plus.

- Oh, vous n’avez point idée de l’ennui que l’on retrouve à Versailles, là-bas, mêmes les rubans des plus camouflés et les perruques les mieux poudrées semblent avoir autant de conversation qu’un pantomime. Non, si vous cherchez de la distraction, c’est à Paris que vous trouverez…

Je n’avais pas répondu concernant mon titre. Peut-être le devrais-je ? Cette discussion était incorrecte depuis le départ et n’avait pas commencé selon les codes établis, j’hésitais sérieusement à les rattraper, pour une fois que quelque chose sortait des conventions.

- Quant à m’appeler, choisissez donc le nom que vous voulez, après tout la rumeur ne court-elle pas que ces titres devraient disparaître ? Ma foi, évitez simplement Votre Majesté, je ne veux point d’ennuis avec les jacobins.

Et voilà le sujet épineux abordé. Que pensait-elle de tout cela ? J’étais curieux d’entendre son avis sur la question, les révolutionnaires n’étaient pas unanimes, et certains passaient à mes yeux pour les hommes les plus vertueux que j’ai pu rencontrer, tandis que d’autres n’étaient que des fanatiques enragés par l’injustice de leur propre naissance. Je méprisais ces derniers, aussi acariâtres et prétentieux que les ancêtres de la cour empâtée qu’ils critiquaient volontiers.
Je fis mine d’avancer de quelques pas.

- Que direz-vous d’observer la cathédrale ? Si vous arrivez juste à Paris, une visite ne vous ferait pas de mal.


HRP : Et voilà... Un mois après ? Hmm j'ai fait pire, mais j'éviterai de récidiver. Bref, brusque inspiration du jour, j'espère que cela ira ! Je mettrai moins de temps la prochaine fois.
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête [PV Gabriel]   Lun 14 Avr - 6:13

Moi qui pensais que les aristocrates français étaient niais et imbus d'eux même, je devais m'être trompée. Car l'homme en face de moi semblait bien plus intéressant que toutes les personnes qu'il m'avait été donné de voir dans la noblesse italienne. De plus, nous entrions dans un sujet que j'affectionnait tout particulièrement mais dont je n'avais jamais l'occasion de parler : la politique. "La politique est faite pour le hommes et le ménage pour les femmes" m'avait-on dit un jour alors que j'essayais d'entrer dans une conversation. Aussi, cela m'étonna beaucoup de la part du jeune homme, qui n'avait voulu me confier son rang. De plus, parler de l’abolition des privilèges avec un aristocrate fréquentant Versailles était d'autant inattendu. De Sandres fit quelques pas et je le suivis, peut-être de peur de perdre un interlocuteur aussi captivant, rare à trouver en ces lieux de pauvreté. Alors, quand il proposa de parcourir la somptueuse cathédrale, c'est avec joie que je hochai la tête en guise d'affirmation, trop heureuse de pouvoir poursuivre la discussion. Alors, ce fut sans aucune retenue quelconque que je pus donner mon avis :

- Des changements sont nécessaires, certes. Ces idiots qui clament dans les rues et désirent des imposer leurs idées par la force, ceux-la n'arriveront à rien. Moi, je pense que de discussions posées valent mieux que des fourches et de la haine. Les Etats Généraux, voilà ce qui pourrait faire changer les choses. Evidemment, si le vote par tête est accepté. Sans cela, le Tiers ne sera jamais en mesure de se faire entendre. Et le roi qui semble aveugle et sourd ...

Je pouvais bien critiquer le gouvernement puisque ce pays n'était pas le mien. J'avais vécu en Italie et en Angleterre. Et franchement, la France n'était pas un exemple au niveau de la démocratie. Pas de liberté de presse, pas d'élection et un absolutisme de droit divin. Si des changements devaient s'opérer, elles devraient le faire par l'argumentation des députés du Tiers. Je laissai peser mes paroles quelques secondes avant de relever le yeux sur l'immense rosace qui se trouvait au fond de la cathédrale. La couleur des vitraux qui se reflétait sur le sol donnait à l'endroit une ambiance surnaturelle, divine aurait dit d'autres. Toutes ces formes lumineuses m'hypnotisaient et m'emplissaient de mélancolie. Car même si je préférais l'architecture italienne, les vitraux français n'avaient que très peu d'égal dans les pays étrangers. Je reportai mon attention sur de Sandres et l'observai quelques instants. Cet homme m'intriguait en tout. Il ne pensait pas comme les autres aristocrates, n'était pas comme eux, pour ma plus grande joie. Comme j'aurais été ennuyée si j'étais tombée sur un de ces pédants de Versailles qui ne savent prêcher que par eux ! Heureusement, Gabriel de Sandres semblait être la personne rêvée pour mener une conversation agréable et captivante à la fois.



[HRP : Désolée que le post soit aussi court mais je n'étais pas très inspirée. Et ne t'inquiète pas pour le temps de réponse, ça ne me dérange pas ^^]
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête [PV Gabriel]   Ven 18 Avr - 0:05


Je fus surpris de constater qu’elle semblait avoir réfléchi à la question assez sérieusement. Non, cette fois cela n’avait plus rien à voir sur le rôle des femmes en politique (après tout je connaissais moult comtesses et baronnes qui à l’aide de quelques œillades servaient mieux leurs intérêts qu’à l’aide d’une plaidoirie au tribunal), il était simplement rare par les temps qui courraient de voir quelque exposer posément un avis simple et tranché sur la question. Jusqu’à présent, les pacifistes étaient trop timides, les activistes trop agressifs, et toute la joyeuse cacophonie qu’ils généraient n’atteignaient même pas les oreilles du Roi.
Au fur et à mesure qu’elle parlait, un sourire s’étendait sur mon visage. Une idéaliste, mes préférés.

Je n’étais pas immortel, je n’avais pas vécu de guerre ou de révolution, seulement le confort des boudoirs et l’inconfort de Versailles, mais si la vie m’avait appris une chose, c’est que rien ne se déroulait paisiblement quand les hommes s’en mêlaient un peu trop. Seule la nature était parfois douce et clémente.
Oh, le Roi n’était pas idiot, il avait bien convoqué les Etats-Généraux. Et à vrai dire, plusieurs conditions étaient rassemblées pour que pour une fois, le Tiers-Etat ait son mot à dire… Mais si celui-là même se divisait entre extrémistes, bourgeois et petit peuple, il avait peu de chance de faire entendre sa voix. Non tout cela s’annonçait chaotique et potentiellement divertissant selon moi. Pour une fois, je ne pouvais ni prévoir, ni même supposer ce qu’il allait se passer, tout allait vite, sans manquer de rythme.

- Les Etats-Généraux sont efficaces, mais pour le peuple, ils marchent de pair avec le Roi. Les petites gens n’y voient que des bourgeois timides et incapables de traduire leur condition devant la noblesse et le clergé qui, il faut l’avouer, s’en moque un peu.
Il n’y a pas que le Roi qui est aveugle et sourd, mais aussi Paris et la France entière… Et le gouvernement n’est pas encore désespéré au point d’abandonner le vote par ordre, il sait où se trouve ses intérêts… La rue sera bientôt plus audible que ces réunions politiques prétendument utiles…


Je feignais bien sûr l’indifférence et la lassitude sur le sujet. Bien sûr de telles discussions étaient déjà un progrès en soi, et même du jamais vu. Mais les grondements de Paris commençaient à devenir inquiétants. Je m’arrêtais au cœur de la cathédrale. La pierre était grise et triste et j’eus un bref pincement au cœur.

- Paris est bien sinistre ces temps-ci…

HRP : De même, je n'ai pas fait long. J'espère que cela ira !
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête [PV Gabriel]   Mer 30 Avr - 21:18

Nous continuâmes quelques instants à parler politique. A vrai dire, bien que ce sujet me passionne et m'enivre, il me faisait souffrir par mon incapacité à en prendre part. Combien de fois ai-je prié pour participer aux Etats Généraux, qu'on me donne une fonction politique, que je fasse entendre ma voix au moins une fois ? Mais évidemment, les femmes ne peuvent pas accéder à de hautes fonctions administratives, ni faire entendre leur voix en se faisant élire aux Etats Généraux. La plus grave erreur qu'aient commis les contemporains de ce siècle à mon avis. Sans nous,les hommes ne sont rien, et je comptais bien leur montrer ! J'avais commencé à fréquenter des salons où les discussions politiques allaient bon train. C'est ainsi que je me ferai une place.

La cathédrale, vue sous un angle nouveau, me paraissait d'autant plus impressionnante. Je ne pus réprimer un frisson causé par la fraîcheur et l'humidité du lieu, et je croisai mes bras sur mon torse, histoire de me tenir chaud. Bizarrement, je ne voulais continuer sur le sujet de la politique, peut-être de peur de m'emporter dans un lieu qui ne s'y prêtait pas, comme la cathédrale. Je me serait sentie plus à l'aise au café de Foy, mais la pluie n'en avait que faire de mes envies et m'avait conduite en ces lieux. La rosace devant nous semblait d'autant plus imposante maintenant que ses reflets colorées nous illuminaient. Je ne savais que dire, prise d'une soudaine envie de silence. Je regardai derrière moi, posant mes yeux sur la porte colossale qui marquait l'entrée dans le sanctuaire de Dieu, et de laquelle se pressait encore et toujours des malheureux surpris par la pluie. Pluie qui semblait s'arrêter peu à peu. J'esquissai un sourire et me tournai vers mon compagnon :

"La pluie va bientôt cesser. Que diriez-vous d'une balade dans les environs. Malgré la pluie, je suis certaine que nous pourrions trouver de quoi rendre la capitale plus ... lumineuse."

Je ne savais où aller, ne connaissant que trop peu les environs. Je voulais simplement quitter cet endroit dans lequel je me sentais enfermée, surveillée. Tout en lançant un regard de défi au jeune noble, je lui dis simplement :

"Nous ne sommes pas en sucre, et je suppose que vous ne craignez pas quelques misérables gouttes d'eau ..."

J'espérais qu'il accepterait de sortir, car déjà on nous lançait des regards accusateurs, nous rappelant que Notre-Dame était un lieu de prière et non de discussions. Comme les parisiens pouvaient se montrer aigris ... Ils devraient lire Voltaire, ça leur passerait l'envie de prier un dieu invisible ou inexistant !
Je me dirigeai vers la sortie en empruntant la rangée principale. Je regrettai de ne pas avoir emporté le chapeau que j'affectionnait tant, mais je m'en passerais pour le reste de la journée. J'attendis que le jeune homme me rejoigne pour me frayer un chemin à travers l'amas de personnes qui se précipitaient dans l'autre sens. Arrivée dehors, je ne pus m'empêcher de sourire en sentant quelques gouttes d'eau me tomber sur le visage. Je me réfugiai sous la corniche de la cathédrale et attendis sagement qu'on me rejoigne. En tout cas, quitte à être trempée, je ne pouvais rester dans cet édifice où le moindre de mes faits et geste semblait attirer toutes les reproches.



[HRP : Désolée pour le temps de réponse, mais j'ai eu pas mal de boulot ces derniers temps ... J'espère que ça convient tout de même]
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